taty lauwers

cuisinez selon votre nature

en quête d'un devenir-soi nutritionnel
  
Page 20 du dossier "Le circus virule (ou ce que le covid-19 est venu nous dire"), début 2020. Parmi les personnes qui refusent que l'on questionne le discours médiatique officiel autour du covid: les hyperangoissés, qui sont trop chamboulés par ceux qui veulent voir une autre vérité qu'ils les feraient taire par tous les moyens. Comme dans le film "Festen" de Vinterberg.

Répertoire "non-food" de ce site. Je mets ma casquette de Jiminy Cricket, comme pour le dossier à charge contre les Gafam. Je transfère certains des billets écrits en brouillon sur fb pendant le confinement.

Avis au lecteur, 30/11/2020: ce sont encore des billets collés les uns derrière les autres.

Les liens seront établis sous peu, pour un texte suivi.

 

Le crash test (ou le stress test, un virelangue ou « tongue twister ») de la loi du marché reine et de la société normative/déshumanisée que nous venons de vivre est si effarant dans ses implications qu'on peut comprendre ceux qui paniquent et se rassurent avec des infos officielles.

Pour ma part, je pense "et s'il s'était agi d'un accident nucléaire, quelle autre erreur n'auraient ils pas faite?". Les croyants au récit médiatique, qui sont choqués par mes analyses dans ce dossier, préfèrent continuer à fermer les yeux; c'est une réaction humaine que l'on peut comprendre. Ils ne sont pas nécessairement victimes de l’hallucination collective que je présume depuis le départ (voir https://taty.be/articles/CVD_hallucin2000701.html). Creusons un peu cette volonté de ne pas voir ce qui se dévoile.

On rejoue ici le film Festen de Thomas Vinterberg. La trame était fondée sur un secret de famille bien refoulé, à savoir que le pater familias si joyeux et généreux que l’on voit parader à la réunion de famille violait ses enfants, chose que le reste de la famille avait deviné mais refoulait (il les violait chacun à leur tour, en les tirant à la courte-paille, cynisme absolu).

Le coeur du film est la révélation par le fils aîné, Christian, de ces atrocités, le moment où les masques tombent… pour être vite remis. Les réactions de la famille sont similaires à ce que je vois aujourd'hui : on veut remettre les masques,faire comme si rien ne s’était passé, continuer comme avant. Les hommes du cercle familial vont même enchaîner Christian à un arbre au fond d’un bois, pour le faire taire. A lire les réactions de certains internautes, ils ne sont pas loin de vouloir agir pareillement avec les Cassandre de la crise covid. En temps ordinaires, on se contente de ne pas écouter les Cassandre qui dénoncent des dérives (c'est d'ailleurs la malédiction de Cassandre, qui est de voir le futur mais de parler dans le désert). En temps de crise, on ne sourit plus aux énoncés des Cassandre, ils deviennent dangereux. Il faut les faire taire, plutôt.

Dans le film, on voit aussi que les enfants ont réagi chacun différemment à ce traumatisme : Linda la jumelle de Christian s’est suicidée de douleur, Christian bascule entre l’envie de révéler et de se récuser, ce qui est typique de son tempérament qui peut paraître dérangé dès le début du film ; le dernier fils est devenu violent envers les autres. La famille préfère douter de la véracité du discours de Christian (et de la lettre posthume de sa sœur, révélant les faits), plutôt qu’accepter que leur Père, leur figure d’Autorité, soit sali. Tout comme la majorité du public préfère continuer à faire confiance aux élus, aux médias, aux figures d’autorité plutôt que de voir leur rôle dans cette montée lente et qui semble inexorable de l’homme devenu « capital humain", déshabité de lui-même, désapproprié de sa nature profonde (voir tout ce que j'ai relayé de Roland Gori et de l'appel des appels).

C'est mon analyse pragmatique et profane de cette comparaison. Lire une analyse du film sur un plan plus mythologique, où Maxime Abolgassemi le confronte à un mythe intemporel : le mythe d’Œdipe -> http://www.abolgassemi.fr/index.php/page-2/

Pour voir la scène coeur du film, commentée par le réalisateur: https://www.youtube.com/watch?v=KyP7ygVL1TU

J'ai mis du temps à voir l'effet Festen. Mi-mars je relayais des articles pour faire comprendre le bon sens virologique, les faits; je relayais des porte-voix de sagesse comme les professeurs Levitt ou Ioannidis. Dès la mi-avril j'ai compris la vanité de mes essais: à mettre le réel sous le nez des croyants, je leur enlevais leur béquille, celle qui leur permet de ne pas devenir cinglé dans ce monde si changeant, instable, inquiétant, où il n'y a plus de pilote dans l'avion, où l'engin part en vrille. Je leur montrais à quel point l'Autorité en général (à part la mouvance Raoult) était peu opérationnelle, à dire la vérité, totalement inefficace dans ses actions et ses mesures, un peu agitée du bocal à dire la vérité. Je n'essaie désormais plus, je sors du triangle où ils me prenaient pour leur bourreau, j'écris pour ceux qui partagent mon analyse, afin qu'ils accumulent des outils de réflexion.

Et, tiens, c'est amusant: je retrouve ici exactement la posture que j'ai choisi de partager dans mes livres de nutrition, sans la formuler si clairement.

NB. Stress test : test de résistance bancaire, exercice consistant à simuler des conditions économiques et financières extrêmes mais plausibles afin d’en étudier les conséquences sur les banques et de mesurer leur capacité de résistance à de telles situations.

Crash test : un essai de choc , opération réalisée en laboratoire consistant à tester le comportement des véhicules en cas de choc ou de collision.

 

L'organique pour échapper au mécaniciste

Je propose ici une réflexion qui élargit le débat complot-ou-pas. Sous la forme d'un courriel où mon camarade philosophe me traite de petit chiot. Et ça me plaît! D'autant plus drôle que, la minute d'avant, je rétorquais à un internaute me traitant de complotiss: "j'ai une grande compassion pour tous les petits bourgeois propres sur eux qui n'ont aucune vision politique hormis "ne rien changer au statu quo"". Et me voilà en petit chiot ;) Je relançais ce matin Frank sur mon interrogation de mi mai (https://www.facebook.com/taty.lauwers/posts/2958203164249180): crainte ou attente d'une dictature numérique par 5G interposée? Conversation où on a envisagé l'extraordinaire angoisse de l'homme postmoderne et où on est arrivés à la conclusion que valoriser l'organique nous aidera à échapper au mécaniciste suprémaciste. Dix minutes après avoir raccroché, j'ai reçu ce texte que je partage. Attention: n'oubliez pas votre phosphore; équipez-vous d'un crayon pour souligner, c'est ardu! Mais si tellement fortement juste...<

Très chère Taty,


Je retranscris ici l’essentiel de notre conversation de ce matin, concernant le phénomène de société, pro ou contra, que constitue à mes yeux la controverse du 5G.

Je prends les choses de très loin pour expliquer qu’en fait, je n’adhère pas tout à fait à un mode de pensée qui identifierait des « intentions », toutes claires qu’elles puissent être, même par écrit, même émanant de personnes parfaitement identifiables, surtout dans le contexte de la décision économique, politique, prospective, etc., telle qu’elle émane des maîtres du monde. Pour moi, il n’y a plus aujourd’hui, dans le fonctionnement intellectuel des élites et des puissants quelque chose qui corresponde encore à l’intention claire, laquelle relève de très anciens paradigmes. Je crois même que le concept même de l’intention, en général, est elle-même un mythe, une fiction qui souvent réussit, il faut le dire, surtout dans la vie de tous les jours.

Une intention claire est celle dont la clarté intrinsèque provient de ce que c’est justement une intention, indépendamment de son contenu… Au fond, c’est le « je veux, je veux, je veux » du fascisme, qui ne se préoccupe que de vouloir (en tant qu’évènement ou expérience émotionnelle) et non pas de ce qui fait objet dans ce vouloir. La clarté de l’évidence propre à l’intention qui se vérifie comme intention – « je veux… » – met en œuvre selon moi ce sophisme qui est propre au réalisme émotionnel : « c’est vrai que je suis en colère, et donc ma colère est vraie » ou encore « …je vais prendre le pouvoir – et le pouvoir, c’est le « je veux » qui se veut lui-même à l’exclusion de tout autre chose – parce que c’est bon pour moi de prendre le pouvoir, et j’en conclus que le pouvoir, c’est bon absolument… ».


Le projet emblématisé par le slogan 5G vise bien évidemment à transformer le monde entier en un seul et unique grand ordinateur, soit une machine intelligente, artificielle, dont la matérialité a disparu, laissant place à une pure virtualité intrinsèquement fantasmatique. Cette idée-là, celle de vivre dans un cosmos-machine, plaît énormément, justement parce qu’elle fait peur… Il y a là une sorte de frisson sacré, et cette machine qui n’en est pas une, on s’imagine aussitôt qu’elle ne peut procéder que d’une intention, quelque chose de divin par conséquent.

Pour moi, c’est encore une manière de se rassurer, parce qu’en assignant un projet non humain à une volonté humaine – en ne tenant pas compte que les décideurs aient pu travailler à se rendre non humains, à émuler le fonctionnement de la machine cybernétique – tu te mets fantasmatiquement dans la position plus rassurante où face à toi, prendre place un individu humain qui a par conséquent une volonté, une conscience et une intention tout comme toi, à ceci près qu’il veut te nuire. Bien évidemment, on s’angoisserait considérablement d’avoir affaire à une masse nuageuse et malveillante (comme un certain virus…).

Tout le monde préfère avoir affaire à un despotès, c’est-à-dire au maître des esclaves, une figure en laquelle ils se reconnaissent, avec un processus d’émancipation qui est central dans la mythologie audiovisuelle contemporaine, à savoir l’histoire d’un dominé (d’un outcast)qui conquiert sa subjectivation en s’affranchissant d’une aliénation métaphysique incarnée par un « méchant », et qui a raison contre tous, comme la fin du film le révèlera, bien sûr, puisqu’il sauve la planète tout en se sauvant lui-même).

Au-delà de cette mythologie de masse, je vois que nous sommes tous des chiots, qui se cherchent un maître, lequel peut à l’occasion être méchant mais tout va bien tant qu’il assure l’alimentation ordinaire de la gamelle. Nous sommes tous des chiots, dis-je, parce que nous sommes savamment infantilisés dans un monde qui privilégie la satisfaction immédiate de besoins somme toute prosaïques manger, dormir, bronzer) et qu’on nous vend comme des objets désirables à une hauteur métaphysique, comme si la société de consommation était le séjour des dieux enfin à la portée de toutes les bourses.

 

Pourquoi puis-je dire qu’il n’y a pas d’intention, à proprement parler ? Pour répondre à cette question, et justifier cette déconstruction derridienne particulièrement radicale, il me faut entrer un peu dans la question de la technique, qui est celle du comment : dans une pensée mythique/mythopoïétique qui correspond à une société où tout le monde bricole, empiriquement, artisanalement, et tout ressortit à l’œuvre et non à la production manufacturière et au travail fragmenté, tout est assigné in fine à une volonté telle que tu la décris, c’est-à-dire une volonté de bien faire ou de nuire, ce qui intègre une certaine une soif de pouvoir… bref, l’intention est le propre des dieux archaïques, dont la volonté est tout entière interprétable en tant qu’intention et qui n’a pas besoin d’une cohérence logique : elle peut (et même elle doit être) capricieuse et contradictoire parce qu’elle est expression du vivant.

Après vient le comment faire, c’est-à-dire la technique. Et pour rendre cela, ne serait-ce que parce que j’ai travaillé ces temps-ci sur le sujet, je voudrais évoquer la figure mythique de Prométhée, le voleur de feu, dont on a fait l’inventeur des techniques. C’est quand même très bizarre, me suis-je dit, que certains mythes le montrent comme un intrigant très rusé (Hésiode) mais aussi très maladroit, et d’autres, surtout Protagoras chez Platon, comme un grand sage, qui vole aux dieux la technique pour la donner aux hommes, dont par exemple le feu pour la cuisine, la céramique et la métallurgie. C’est un bienfaiteur parce que la technique est réputée « bonne » en soi : la science de l’utile est en elle-même utile, on n’en disconviendra pas.

Or je pense vraiment (et je ne suis pas le seul, il y a toute une littérature là-dessus) que la technique n’est ni bonne, ni mauvaise, avec une caractéristique singulière, à savoir un renversement entre le pourquoi et le comment : dans une perspective de l’intention (dont le paradigme est la volonté divine), le comment disparaît dans le pourquoi et tout le reste est proprement magie.

Dans une perspective de la technique, c’est l’inverse : pourquoi de l’intention disparaît dans le comment de la technique et on finit par faire les choses pour faire les choses… Ce renversement est dû, je pense, à la nature de la technique qui se révèle tout au long de son développement historique, économique et bien sûr scientifique – comme en témoignent les deux derniers siècles, ceux de la révolution industrielle depuis les Lumières.

C’est pour cela que je conteste l’idée d’intention dans ces questions de politique économique et scientifique à très grande échelle, d’abord parce qu’elle maquille, sous une forme archaïque de pensée, ce que j’appelle l’autotélie de la technique – la technique veut toujours plus de technique – et qu’ensuite, ce maquillage de la réalité technique abrite une intention elle-même archaïque et mythopoïétique (qui fabrique du mythe), qui fonctionne comme un symptôme.

Je m’explique : ah oui, ce serait tellement bien s’il y avait quelque chose de l’ordre d’une intention, aujourd’hui, notamment à l’occasion des décisions et des programmes écrits in extenso de manière prospective par les grands décideurs et maîtres du monde (Davos, etc.). Revendiquer ou diagnostiquer une intention malveillante participe d’un comportement de chiot, je ne dis pas cela pour vexer qui que ce soit, qui revient à dire : « au moins il y a un maître… ».

L’alternative est diabolique : si l’on voulait être autre chose qu’un chiot, à supposer que cela soit possible étant donné l’environnement culturel et surtout audiovisuel qui nous infantilise savamment, pour des raisons affectives – notre dépression d’abandon, si postmoderne – et hédoniste – tout sauf penser, sauf affronter l’abîme, lequel, évidemment, croît à proportion de notre déni. Pour n’obéir qu’à ses propres intentions, il faut renoncer à se chercher un maître : c’est très nietzschéen ce que j’avance là.

Je reviens à la question de la technique pour en souligner l’autotélie qui dit que la technique ne veut rien d’autre qu’elle-même. C’est la seule intention que je perçois dans tous ces processus décisionnels où chaque grand ego s’imagine formuler des intentions – et qui, ce faisant, se donne à lui-même le spectacle de lui en train de vouloir… à la manière d’un dieu dont l’intention déterminerait verticalement les contingences de sa mise en œuvre toute technique. La technique prenant le pas, elle rend caduque la question du pourquoi, à ceci près que le vide incomblable que laisse derrière lui le pourquoi ainsi escamoté ou disparu – c’est la grande question de l’absurde, au milieu du vingtième siècle – est maintenant devenu saillant. On sent, on sait qu’il y a du vide. On s’en effraie. On n’arrive plus à combler ce trou avec du mythe. D’où ton cri de détresse en filigrane de toutes tes activités, un cri désormais assez généralisé : il est possible de le formuler, de le mettre en mots, comme tu dis, dès lors que de plus en plus de gens s’alarment de ce dont ils sont devenus conscients et voient qu’on a perdu le pourquoi dans l’hégémonie du comment. Ils se reconnaissent les uns les autres dans des mots qui, depuis dix ans, ont cessé d’être des cris pour devenir un discours cohérent. Et chacun s’y reconnaît.

Mais je reviens à ta question de l’intention sous-jacente au projet 5G : « pourquoi une société complètement surveillée ? – la vraie réponse, selon moi : parce que « société complètement surveillée ». Autrement dit : « Pare que c’est comme ça ? » et après on peut mettre ce qu’on veut : « le progrès technologique, le bonheur, les lendemains qui chantent, le transhumanisme » que sais-je encore… C’est ça l’autotélie, autotélos,le pouvoir parce que le pouvoir en veut toujours plus, la technique parce qu’elle veut toujours plus de technique… Ce n’est plus, à mon sens, ce que veulent authentiquement l’une ou l’autre personne qui disposeraient d’un grand pouvoir. C’est ce que ces personnes disent parce qu’elles sont possédées par ce grand pouvoir dont elles croient disposer, comme le bouchon sur la vague peut s’imaginer être aux commandes du tsunami…

Pour finir, tu mentionnes tous ces interlocuteurs/trices qui auprès de toi s’étonnent de et ne comprennent pas l’inertie de la population face aux grandes questions de notre temps (depuis l’industrie de la viande jusqu’aux modifications radicales du climat, l’épuisement des ressources et l’extinction de la biodiversité, etc.)… et tu me dis que tu leur réponds que cela est dû à la conception du monde que portent tous ces gens qui ne s’étonnent de rien et semblent indifférents à tout ce qui est en train de se mettre en place. Tu évoques le système englobant de l’hôpital au sein duquel ces gens se placent et abandonnent tout libre-arbitre, tout esprit critique. À tes interlocuteurs/trices qui manifestent du découragement, tu fais valoir qu’à tout le moins ils/elles s’expriment et mettent tout cela en mots…

C’est un point important, et j’y vois cependant un double langage, au sens épistémologique du terme : d’une part, le langage de l’ennemi et d’autre part d’autres paradigmes qui s’en affranchissent radicalement. Et parfois, il y a contamination et confusion entre les deux, ce qui est à peu près inévitable… Le langage de l’ennemi est celui par lequel on prête cette intention – cela même qui définit l’ennemi – à ce danger informe auquel, par-là, on peut ainsi donner figure humaine. On se bâillonne, on se ligote, on se met des chaînes dans l’attente d’un ennemi auquel on veut bien tout abandonner s’il voulait bien enfin se montrer, car c’est là son arme fatale : il agit sans se montrer, et tant qu’on lui prête une figure humaine, on en est prisonnier. Anciennement, on en aurait volontiers parlé comme d’un dieu ou d’un démon, mais maintenant il faut en parler comme d’une force ou d’une chose, rien de vivant, en fait.

Et là, j’avance d’une case pour dire que si la technique est neutre, il se fait que cette neutralité se révèle comme antihumaine, ce qui est tout différent de l’inhumain. Le tigre, si tu le croises dans une forêt tropicale, sait très exactement ce que tu es, à savoir une proie, et qui va de croquer. Mais la machine n’a aucune idée de qui tu es, pour elle d’ailleurs tu n’existes tout simplement pas. Tu es le papillon sur le tank, la fourmi sur le missile. Ça, c’est la première logique.

La seconde logique – dont j’ai dit que les paradigmes échappaient à l’emprise de la première, technique, machinique, politique, etc. – est celle dont toi, Taty, tu es une éminente représentante… Pour moi, il est tout à fait normal que tu aies pu pendant longtemps pousser l’idée devant toi, sans qu’elle te soit d’emblée claire.

Ainsi vont les idées nouvelles, en ce sens que, pour prendre un exemple, celui de l’idée de la démocratie en Grèce antique, elle n’a été claire que trois siècles plus tard, de par une lente percolation qui supposait l’effondrement des libertés civiques devant Alexandre et une intense nostalgie d’une perte de ce dont on gardait un souvenir obsédant bien que fantasmatique. En fait, les gens ne se sont pas assis à une table pour se dire, tout d’un coup, au VIème siècle avant J.-C. « on va inventer un truc tout neuf dont on reparlera dans vingt-cinq siècles et on va se débarrasser des roitelets hystéro et on va mettre à la place un machin qu’on va appeler d’un néologisme vaguement contradictoire pour l’époque et qui veut dire « pouvoir du peuple » : démocratie… ». Mais non, ils ne savaient pas ce qu’ils faisaient, en fait.

Le processus est foncièrement organique et non pas machinique. Essayer d’y voir clair, de comprendre quelque chose, est toujours quelque peu rétrospectif. Il faut qu’il y ait suffisamment de mouvement dans l’histoire profonde pour que se fasse de la place pour déployer de la rétrospection, et ce moment est arrivé aujourd’hui, au sortir de la Modernité : pas mal de choses deviennent claires et le mode de pensée le plus neuf ou novateur est celui qui va peu à peu s’émanciper de la logique machinique de « l’intention technique » pour se faire organique, à l’écoute du vivant, de vivant à vivant. Cela consiste à laisser se développer les idées comme des plantes dans un jardin et voir un peu ce qui vient, sans trancher d’emblée. Et quand quelque chose ne fonctionne pas, c’est se dire alors qu’on n’a pas été encore assez subtil.

La différence que je peux faire entre le mode machinique et le mode organique de la pensée – je ne suis pas sûr des termes, en fait – tient à ce que dans l’informatique, le moindre grain de sable arrête la machine… tandis que dans le jardin, s’il y a un grain de sable… pas de souci, ce ne sera pas le seul et toute organisation est en fait auto-organisation du vivant.

Voilà donc ce que je te disais, rassemblé (et peut-être un peu trop concentré), comme tu me le demandes. Et là je retourne au jardin, bien évidemment…


Je t’embrasse

Frank

Vive le roi? Mais le roi est nu ma parole…

Vieille rengaine : qui osera dire que l’empereur est nu, selon le conte d’Andersen « Les habits neufs de l'empereur » (1) ?

J’ai choisi « le roi » dans le titre, parce que nous sommes le jour de la Fête nationale belge, en clin d’œil.

Personne n’ose le dire, en temps normal. Mais en temps de corona, le contexte a changé : pendant encore quelque temps on pourra exprimer tout haut ce que tout le monde devine, c’est à dire que deux grandes statues sont tombées. Toutes seules. Nul besoin de les déboulonner : la science dans sa version technique et la pensée magique que la technologie nous sauvera – d’on ne sait quoi d’ailleurs. De la peur de la mort ? De la tache de la madadie ?

Je commente ceci du point de vue du profane, qui avait tant besoin de se rassurer en croyant à de nouveaux dieux, de nouveaux protecteurs et qui les avait trouvé dans ces deux statues-là. Si je cite des termes scientifiques, je n’en prends pas la casquette. Je garde toujours le regard du profane, seul et abandonné par ses Pères symboliques. Et terrorisé, on s’en doute.

Le profane découvre que derrière les effets de manche des grands mamamouchis, on ne sait finalement pas grand-chose des virus. Encore moins de ce corona-ci.

Nous sommes six mois après le début de l’épidémie. Il a fallu près de 4 mois pour que l’on se rende compte que l’on soignait par intubation des malades gravement atteints, qui en mouraient, car l’atteinte était toute autre qu’une simple pneumopathie. Bravo l’OMS ! Vous aurez votre badge de secouriste… l’année prochaine. Vous ne faites donc pas votre boulot d’information, de communication ? Que faites-vous de cette armée d’esprits brillants que sont nos chercheurs internationaux, et que vous auriez dû financer depuis six mois ? Pourquoi sont-ce des médecins et urgentistes individuels qui ont dû trouver ce mécanisme ?

On a découvert que, pour la première fois de notre histoire sanitaire, il faut absolument tester tout le monde, traquer une trace de virus, à tout prix. Pour quelle épidémie précédente a-t-on vu se manifester une telle hystérie ? L'hygiénocratie dans toute sa splendeur!

Hystérie qui ridiculise d’autant plus les autorités sanitaires que le profane sait désormais que, parmi les innombrables tests covid19 qui circulent, la majorité sont médiocres et produisent des faux-positifs, des faux-négatifs. Que les tests PCR ont tant de défauts dans leur conception même qu’il est ahurissant qu’on les divinise à ce point qu’ils servent d’arme coercitive dans certains états.

Or « la RT-PCR ne détecte pas le virus, mais une trace génétique (ARN) de ce virus, ce qui n’est pas la même chose. Un test RT-PCR positif n’indique pas nécessairement la présence de virus complet. Or c’est le virus complet, intact, qui est l’acteur transmissible de la maladie COVID-19. Ainsi que la FDA l’admet, la détection d’ARN viral par la technique de la RT-PCR ne traduit pas obligatoirement une infection virale active (avec syndrome clinique) !

"Deuxième déception, la RT-PCR ne permet pas de quantifier la charge virale puisqu’elle amplifie (multiplie) artificiellement le matériel génétique détecté. Elle dit seulement que le virus est présent ou non, et encore, des traces de virus, pas le virus complet.

"Troisième déception, la technique est complexe et ses limites nombreuses ! Encore plus pour détecter les virus ARN comme dans le cas du SRAS-CoV-2.

« L’interprétation des résultats de PCR est difficile. Toute PCR doit être effectuée sur un prélèvement de bonne qualité et adapté à l’indication. Dans le cadre de certaines infections virales, une PCR positive n’est pas synonyme de maladie… Le dialogue entre le clinicien et le microbiologiste est primordial pour un bon diagnostic. »

(source, le docteur Pascal Sacré sur https://www.mondialisation.ca/les-tests-talon-dachille-du-chateau-de-cartes-covid-19/5645964

)

Rayon tests, le profane ne réagit même plus tant il est blasé lorsqu’il apprend que « des lots de kits de détection sont infectés par le SRAS-CoV-2" aux Etats-Unis, au Québec, au Royaume-Uni , en Afrique (même source).

Quant aux symptômes corona, ils sont un grand mix de tout et n’importe quoi ; le profane s’y perd : Toux - Dyspnée (difficulté respiratoire) - Douleur thoracique - Fièvre légère -> 38°C - Anosmie (disparition de l’odorat) - Dysgueusie (anomalie du goût) sans autre cause apparente. Les signes/symptômes mineurs sont : - - Douleurs musculaires - Fatigue - Rhinite (rhume) - Maux de gorge - Maux de tête - Anorexie (perte d’appétit et amaigrissement) - Diarrhée aqueuse sans cause apparente - Confusion aiguë - Chute soudaine sans cause apparente - Nécroses des extrémités … ça n’en finit pas… En six mois, on ne peut pas être plus précis ? OMS, réveille-toi, bosse un peu, chou!

On a appris que le virus contaminait les billets de banque, ah mais non finalement, il ne survit que peu sur du papier. Dommage, c’était bien pratique pour forcer la disparition du paiement en espèces. Sur ce temps, le public a engrammé cette infox. Public profane qui a découvert que le virus voyageait dans l’air à des mètres ! Ah non finalement, les tests étaient faits en labo, avec des doses inimaginables de virus hyperconcentré, incomparables au réel. Réel où il est bien plus modeste, comme l’a démontré sur le terrain l’équipe du chercheur allemand Streek, qui n’en a même pas trouvé sur les poignées de porte de maisons abritant plusieurs malades avérés… .

On continue dans la grande descente dans l’incrédulité ? l’obscurité qui fait si peur alors que plus aucun Père symbolique n'est là pour nous tenir la main?

Il a fallu six mois depuis le début de l’épidémie pour que l’on se questionne sur le mécanisme immunitaire qui protège les sujets qui ont bien réagi au corona : si ce ne sont pas les anticorps, tiens, au fait, si on regardait du côté des lymphocytes T (2) ? Que le public connaît bien depuis qu’est apparu le SIDA.

Voir un article en anglais : https://www.bbc.com/future/article/20200716-the-people-with-hidden-protection-from-covid-19

Alors que les dernières recherches suggèrent que les anticorps contre Covid-19 pourraient être perdus en trois mois seulement, un nouvel espoir se profile à l'horizon : l'énigmatique cellule T. Les indices se multiplient depuis un certain temps. Tout d'abord, les scientifiques ont découvert des patients qui s'étaient rétablis d'une infection par Covid-19, mais qui, mystérieusement, n'avaient pas d'anticorps contre cette substance. Ensuite, il est apparu que cela pourrait être le cas pour un nombre important de sujets. Puis, on a découvert que beaucoup de ceux qui développent des anticorps semblent les perdre à nouveau après quelques mois seulement. » Ce qui n’est pas le cas de l’immunité via lymphocytes T.

Lire aussi sur le même sujet: https://dailytimes.com.pk/642981/covid-19-survivors-could-have-long-lasting-immunity/

 

« La revue Nature a publié un article de synthèse de 5 études montrant qu'une large proportion de la population possède déjà des lymphocytes qui reconnaissent le virus sans y avoir été exposée. (…) il n'est pas forcément étonnant qu'on ne détecte que peu ou pas d'anticorps et qu'ils disparaissent si vite...sans que cela signifie que les personnes ne soient pas protégées. Et ça, ça va causer quelques soucis aux experts...parce que tester les anticorps, c'est rapide et facile...les lymphocytes T ça ne l'est pas...or il n'y aurait aucun intérêt à vacciner une personne qui présenterait déjà une immunité spécifique » (source: commentaire de la biologiste Caroline Vandermeeren sur un de mes billets).

Au passage, réaction de la profane que je suis : jusqu’au SIDA, lorsque mes tests sanguins indiquaient la présence du virus d’Epstein-Barr, par exemple, alors que je ne marquais aucun symptôme de fatigue chronique, cela indiquait que j’avais rencontré ce virus et développé des résistances. A partir du SIDA, nous avons été beaucoup à nous étonner de ce que, désormais, une trace de virus indique une séro-positivité. Comme aujourd'hui avec le corona (80% de testés positifs qui n'ont eu aucun symptôme, ça pose question non?). Je n’ai pas creusé le sujet, mais je continue à me poser la question : pourquoi/comment les critères ont changé tout d’un coup depuis le SIDA ? A voir avec un médecin ou un biologiste.

Autre question à poser aux pros : si l’immunité principale de mes camarades face au corona est bien fondée sur les lymphocytes, que signifie le résultat d’un test sérologique qui cherche des anticorps ?

On voit là que si j’ai une admiration sans borne pour les scientifiques et les chercheurs, je dois reconnaître que la partie purement technique de la science tangue sérieusement sur son piédestal, poste intouchable d’une divinité qu’on ne peut pas questionner (« complotiste ! »).

Je ne suis pas la seule à le voir, je fais partie des quelques uns qui le disent haut et fort.

Une des statues déboulonnées avec douleur est celle de l’intégrité de la littérature scientifique. Plus aucun profane ne peut ignorer que les relations de l’humain au pouvoir et au pognon étant ce qu’elles sont, la corruption règne au sein de Big Pharma et au sein des plus prestigieuses revues. Tous n'en sont pas frappés, mais ils décrédibilisent leurs camarades. Nul besoin de m’étaler, l’analyse est dispo chez le brillant Jean-Dominique Michel (très nombreux articles documentés, arguments, sources chez https://jdmichel.blog.tdg.ch/).

La toute grande claque : la faillite des modélisations, ce joujou de nos nouveaux astrologues. Je pense à Lyssenko-Ferguson de l’Imperial College, mais je pense aussi (hélas !) au Giec dont on ne répète jamais assez que leurs prédictions apocalyptiques sont des modélisations mathématiques. Annoncées comme "scientifiques" alors que ça ressemble un peu à des évaluations au doigt mouillé. Ferguson se trompe systématiquement sur les épidémies, depuis dix ans. Et largement! Le réel lui donne tort, à lui comme au principe même de la modélisation. Et depuis dix ans, on suit ce cher gamin. « Cher » car ses calculs erronés vont coûter une fortune aux citoyens : en terme de récession mais aussi en termes de dégâts sanitaires dus au confinement.

Faudrait-il encore insister sur l’échec retentissant de cette forme de science technologisée, éloignée du réel, délirante à dire la vérité ? Je m'arrête là, le constat est assez désolant.

Quant à la technologie et à la technocratie, j’ai consacré de nombreux billets à ces deux dérives ou impostures qui, si on les laisse faire, vont devenir de véritables dictatures. Qui vont contrôler, enfermer, guider le bétail que nous sommes devenus aux yeux de certains.

1 : mes billets récents sur la dystopie numérique en marche -> https://taty.be/articles/CVD_dystopienum2000701.html

+ mon dossier antigafam de 2018 "Ce que les réseaux sociaux font à l'humain" -> https://taty.be/articles/FQ2.html

2 : mes billets récents sur la société technique folle ou la techno-hygiénocratie https://taty.be/articles/CVD_technocratie2000716.html

L’empereur est nu et, contrairement à la légende (1), le peuple ne se tait pas par respect pour l’image de l’Autorité. Il se tait parce qu’il est submergé d’angoisses, à perdre si vite tant de ses repères. C’est mon hypothèse. Et probablement celle de quelques grigous qui profitent de l’aubaine pour avancer leurs pions. Vous avez deviné : je pense à Cortex ! (https://taty.be/articles/CVD_Gates200529.html).


Notes

(1) Le conte d’Andersen (source wikipedia).

"Il y a de longues années vivait un empereur qui aimait par-dessus tout être bien habillé. Il avait un habit pour chaque heure du jour.

Un beau jour, deux escrocs arrivèrent dans la grande ville de l’empereur. Ils prétendirent savoir tisser une étoffe que seules les personnes sottes ou incapables dans leurs fonctions ne pouvaient pas voir et proposèrent au souverain de lui en confectionner un habit. L’empereur pensa qu'il serait exceptionnel et qu’il pourrait ainsi repérer les personnes intelligentes de son royaume.

Les deux charlatans se mirent alors au travail.

Quelques jours plus tard, l’empereur, curieux, vint voir où en était le tissage de ce fameux tissu. Il ne vit rien car il n’y avait rien. Troublé, il décida de n’en parler à personne, car personne ne voulait d’un empereur sot.

Il envoya plusieurs ministres inspecter l’avancement des travaux. Ils ne virent pas plus que le souverain, mais n’osèrent pas non plus l’avouer, de peur de paraître imbéciles.

Tout le royaume parlait de cette étoffe extraordinaire.

Le jour où les deux escrocs décidèrent que l’habit était achevé, ils aidèrent l’empereur à l’enfiler.

Ainsi « vêtu » et accompagné de ses ministres, le souverain se présenta à son peuple qui, lui aussi, prétendit voir et admirer ses vêtements.

Seul un petit garçon osa dire la vérité : « Mais il n’a pas d’habits du tout ! » (ou dans une traduction plus habituelle : « le roi est nu ! »). Et tout le monde lui donna raison. L’empereur comprit que son peuple avait raison, mais continua sa marche sans dire un mot. "

(2) Revoir les bases de l’immunité chez le docteur Pascal Sacré (source : Le jeu des tests: une brique de plus dans la désinformation COVID-19) .

“La défense immunitaire humaine est composée de deux grandes lignes.

1. Immunité innée ou naturelle

2. Immunité acquise ou adaptative

A. L’immunité innée n’est pas spécifique, elle est très rapide, intervient en premier en cas d’agression et elle est souvent suffisante. Elle ne repose pas sur la production d’anticorps. Cela veut dire que les anticorps ne sont absolument pas indispensables pour éliminer une infection. Cela veut également dire que l’absence d’anticorps ou qu’un taux faible d’anticorps dans le sang n’exclut pas une infection virale qui aura été prise en charge par l’immunité innée exclusive. Cela est même un signe de bonne santé immunitaire !

B. L’immunité adaptative est spécifique, elle est plus lente, seulement activée dans le cas où l’immunité innée est débordée ou insuffisante et elle est basée, mais pas seulement, sur la production d’anticorps.

Donc, résumer la défense immunitaire d’un individu à sa production d’anticorps est aussi faux et simpliste que de résumer la défense d’un pays à ses forces spéciales. Pourtant, cette pirouette est le dogme principal de l’immunologie, la base sacrée de la vaccinologie. »

Le roi est nu: la suite. C’est le jour!

Pour celui qui s’intéresse au jeu de quille politico-économique, lire l’article d’hier par Alexis Poulin (1): «L’Union compromise» (on apprécie la double compréhension) -> https://www.lemondemoderne.media/lunion-compromise/

On comprend que le citoyen occidental angoisse sec!

«Fait unique dans l’histoire, l’Union européenne a ainsi inventé un empire technocratique dépossédé du pouvoir, organisant sa propre chute, au sein d’instances de discussion devenues anachroniques. Les milliards mis sur la table ne pèseront pas lourds face aux stratégies de relance chinoises ou américaines et seule subsistera l’absence de vision et de cohésion, au sein d’un ensemble hétéroclite de petits pays concurrents, incapables d’organiser sa survie à l’échelle mondiale.

(1) Co-fondateur du Monde Moderne, entrepreneur dans le secteur des médias, Alexis a travaillé pour des ONG, des entreprises et des institutions publiques. Alexis est expert en affaires européennes et travaille entre Paris et Bruxelles. Alexis est régulièrement invité sur ARTE TV, France 24 TV, France Info, EuroNews et RCF radio.

Comprendre m’est essentiel mais...

En filant la laine, il me vient ceci, que je peux mettre en exergue de mon dossier entier et que je peux opposer aux accusations de complotisme ou de catégoricisme. «Comprendre m’est essentiel. Et pourtant cela ne me garantit aucune certitude.» Enoncé que je mets aussi en regard des questionnements de ma stratégie du «petit chiot» que mon ami Frank suggérait ici: https://www.facebook.com/taty.lauwers/posts/3120846587984836

Vite un petit poster:

 


 Page 21 ou voir la table des matières du dossier
Retour au blog "Articles"