taty lauwers

cuisinez selon votre nature  

en quête d'un devenir-soi nutritionnel

La prudence est mère de toutes les vitamines

22.11.25 Retour et résumé - la dernière vidéo du docteur Mouton "Un cas exceptionnel" (danger de l'autocomplémentation, épuisement chronique, SIBO)

;

;

un prochain livre, ;

à paraître chez Aladdin, par Bibi

 


Billet en deux temps: 1/ mon retour et 2/ un article de blog par LLM.

Dans cette vidéo du 21/11/25, le docteur Mouton présente le cas clinique exceptionnel d’un patient atteint du syndrome de fatigue chronique. Il détaille les conséquences médicales désastreuses de l'oubli de sa médication, la prégnénolone, pendant trois mois de vacances. De plus, le cas clinique révèle une neurotoxicité due à un excès de vitamine B6, potentiellement exacerbé par la prise de compléments alimentaires pour l'insomnie et peut-être lié à un surdéveloppement bactérien de l'intestin grêle (SIBO).

J’aime assez qu’une voix aussi forte et fiable que le docteur Mouton révèle la neurotoxicité d’un excès de vitamine B6 et de compléments alimentaires pour l’insomnie, surtout lorsqu’une dysbiose intestinale est franchement présente. Cela me permet de rappeler qu’on ne donne pas des compléments, quels qu’ils soient, comme des bonbons.

Pardon de me répéter, mais tous les internautes ne lisent pas tous mes billets (et comme je les comprend !). Dans mes écrits, j'alterne entre plusieurs images: parfois je suis Prudence Petitpas, de la bande dessinée connue; parfois Bagheera, la voix de la prudence dans la jungle du net actuel; parfois Jiminy Cricket, la voix de la conscience de Pinocchio, attiré par l'Ile aux Enfants qui le perdra.

Le docteur Mouton nous signale que « l'auto-supplémentation, surtout avec des produits de source inconnue, est une pratique périlleuse qui peut transformer une solution espérée en un problème bien plus sévère ». Puis-je enfoncer le clou avec ma légendaire légèreté ? La supplémentation aveugle par des soignants qui ne sont pas formés à la micronutrition est aussi périlleuse !


Par ailleurs, le docteur expose un problème majeur de l'industrie des suppléments : le manque de contrôle et de transparence. Le complément de B6 consommé par son patient pouvait bien, comme beaucoup de produits, contenir une dose de vitamine B6 bien plus élevée que celle indiquée sur l'étiquette. Choisir son labo est aussi important que choisir la vitamine en question.

Ceci dit, on peut avoir un autre  angle de vue sur les médications et l’épuisement chronique. En l’occurrence, qu’un épuisé chronique en rémission se décatisse parce qu’il a oublié de prendre une hormone pendant trois mois est, pour moi, un constat d’échec. Il est donc toujours en épuisement chronique et l’hormone était une béquille.

Et c’est bien normal, puisque la prégnénolone est venue soutenir un circuit qui était handicappé par une défaillance fondamentale (on résume cela en vulgarisation par « la pregnénolone et la progestérone sont volées par le cortisol », car l’organisme en feu donne préséance à cette hormone-là).  

A mes yeux, cela  signale que l’état du sujet ne dépend QUE de la médication et que son circuit hormonal n’a pas été restructuré. Dans « Quand j’étais vieille » et « En finir avec le burn-out », je propose de revisiter l’hygiène  de vie et l’approche alimentaire, car selon mon expérience c’est la seule voie pour *vraiment* sortir du burn-out, pour relancer la production endogène sage et équilibrée d’hormones, pour capter et produire tout ce qu’il faut de vitamines et minéraux pour un sage équilibre enzymatique, etc.

Ces billets font partie du blog « Choisir l’assiette selon son profil », dans lequel j’expose aussi les divers choix salutaires, afin que le malade ait une vision plus claire des choix qui lui sont offerts. On peut mélanger les deux mondes : on peut très bien commencer par la médication à la Mouton pour ensuite se donner les chances de l’hygiène de vie, dès lors qu’on est un peu stabilisé. On aurait ainsi plus d’élan pour s’organiser, car changer l’hygiène de vie, ça fatigue !

Et enfin, c’est ça qu’on aime chez des médecins comme Georges Mouton : il expose comment il réfléchit  un problème physiologique. Il en vient à supposer que l’excès de vitamine B6 provient *aussi* du SIBO. C'est cette créativité sur base de connaissances gigantesques qu'on attend d'un soignant, quelle ambition!

Holistique deux variantes

Dans de précédents billets, sur le même blog "Choisir", j'ai déjà exposé ce qu'était la médecine holistique, au sein de laquelle je range la médecine fonctionnelle, l'homéopathie, l'ostéopathie et la naturopathie.

Ici, on devine ce qui différencie l'approche fonctionnelle de la vision naturo: cette dernière se base quasi exclusivement sur les voies naturelles de guérison. Le praticien fait tout son possible pour lever les obstacles et stimuler les voies optimales, le reste est du ressort du patient.

Diapo de conférence B6

En description de vidéo , le bon docteur nous partage une diapo de conférence en téléchargement libre. Hélas, en anglais. Dommage pour les unilingues. En voici la traduction, que j'ai effectuée parce que l'enchaînement des facteurs est typique de la complexité que certains soignants oublient lorsqu'ils jouent avec les compléments alimentaires ou les prescriptions "prêt à porter". Je l'utiliserai dans un autre billet.

traduction de la diapo partagée par le docteur Mouton sur son dropbox:

Comment le microbiome intestinal influence les niveaux de vitamine B6

Le microbiome intestinal joue un rôle essentiel dans le métabolisme des vitamines, y compris la synthèse de la vitamine B6.
Certaines bactéries présentes dans l’intestin peuvent produire de la vitamine B6 comme sous-produit de leurs processus métaboliques. Bien que cela soit bénéfique dans des conditions normales, une dysrégulation du microbiome —appelée dysbiose— peut entraîner une production excessive de B6. Les facteurs contribuant à l’augmentation de la production de B6 dans l’intestin comprennent :


1/ Croissance excessive de bactéries productrices de B6.
Certaines espèces bactériennes, comme Lactobacillus et Bifidobacterium, produisent naturellement de la vitamine B6. Si ces bactéries surpeuplent l’intestin, elles peuvent produire plus de vitamine B6 que ce dont votre corps a besoin.


2/ Prolifération bactérienne de l'intestin grêle (SIBO)
Le SIBO se produit lorsque des bactéries qui devraient principalement résider dans le gros intestin prolifèrent dans l’intestin grêle. Ces bactéries peuvent métaboliser les nutriments de manière à augmenter les niveaux de B6, en particulier dans le SIBO à dominante méthane causé par les archées méthanogènes.


3/ Dysmotilité intestinale
Une motilité intestinale plus lente peut permettre la prolifération de bactéries productrices de B6, ce qui aggrave le problème. Ceci est souvent le résultat de niveaux élevés de bactéries productrices de méthanogène.


4/ Régime alimentaire et déséquilibre intestinal
Un régime alimentaire riche en aliments transformés et pauvre en fibres peut perturber la diversité microbienne intestinale. encourager la dominance de certaines souches productrices de B6

 

 




Comme d’hab’, j’ai demandé à un LLM (NotebookLM) de produire un article de blog à partir de la vidéo. Je l’ai transcrite ci-dessous.

En effet, je lis avec attention – et je retiens ! - alors qu’une vidéo me distrait toujours.


J’en profite pour y aller de mon petit laïus de curé du net, que vous n’avez pas encore eu la joie de lire, mais que mes proches entendent souvent. Qu’il soit clair que chacun continue « à sa mode », comme on dit chez nous. Le docteur Mouton semble aimer le format vidéo pour de l’informatif. Je me limite à ce format pour l’équivalent de publicités et  je privilégie l’écrit (long !) pour l’éducation et l’information.

Sachant le respect que je porte à tous les choix individuels, je voudrais pourtant souligner que le format avec images qui bougent, bien plus qu’un simple format radio encore (alias « podcast ») est antinomique avec la pensée réflexive. Il allume en nous la pensée réactive, quasi émotionnelle, plutôt.

En vidéo, on se laisse ensorceler par le charisme de l’orateur et on en oublie le contenu, la technicité éventuelle Je serais curieuse d’interroger des internautes sur le contenu exact du discours, après visionnage de n’importe quelle vidéo informative. Que dire de la récente mode des « shorts » générée par Tiktok : ils savent ce qu’ils font les Chinois ! Ils ne veulent pas nous envahir, ils veulent nous affaiblir, nous asservir. Ce sont de grands joueurs de go et on les laisse faire les yeux fermés.

Il est aussi édifiant de voir les résultats de vérification des sources : selon les études américaines, pour un article de blog, une personne sur cent vérifie les données ; pour une vidéo ou un podcast: PERSONNE !

J’ai une posture extrême de pédagogue (c’est mon taf depuis longtemps) : je m’intéresse au résultat que le destinataire fait des données. Orientée efficacité au premier chef, je m’attends à ce qu’il ait retenu l’information qu’on transmet, ou tout au moins qu’il se l’approprie pour générer sa propre réflexion Or, depuis la montée en force des écrans, on observe qu’à lire sur écran plutôt que sur papier ou en livre, on ne retient pas «grand’chose.

Demandez à un LLM : « des études ont-elles évalué la qualité de rétention des informations après lecture sur écran ou sur papier? » Vous en obtiendrez plusieurs qui démontrent  que la matérialité du livre imprimé joue un rôle décisif dans la mémorisation.
Imaginez ce qu’en tant que pédagogue je peux penser des vidéos informatives si, déjà sur un texte écrit, j’ai une posture aussi extrême, jugée à l’aulne de la modernité galopante.

Et voilà pourquoi j’écoute peu les vidéos, alors qu’en jardinant, tissant ou filant la laine, je pourrais le faire. Et pourquoi je les fais écouter par LLM qui m’en produit un article de blog, une synthèse structurée ou un livre blanc, selon les cas, que je peux lire à l’aise, annoter, contre-vérifier.

Contrairement à ce que j'ai pu écrire sur la fiabilité des IAs depuis que je les teste (elles inventent des études inexistantes! elles fabriquent des données!), depuis quelques temps d'utilisation, après vérifications ponctuelles sur mes propres productions, l'analyse de NotebookLM me semble très fiable.



 

L'article de blog produit par LLM à partir de la vidéo

La face cachée des remèdes "naturels" - Leçon n°1 : Une "simple" vitamine peut devenir neurotoxique - Leçon n°2 : L'excès est l'ennemi du bien (la fameuse "courbe en U") - Leçon n°3 : Le piège des compléments alimentaires non vérifiés - Leçon n°4 : L'effet domino : un seul oubli, un effondrement hormonal - Leçon n°5 : L'intestin, un suspect inattendu (et une énigme scientifique)

Introduction : La face cachée des remèdes "naturels"

Les compléments alimentaires, souvent perçus comme des alternatives "naturelles" et inoffensives, bénéficient d'une grande confiance de la part du public. Pourtant, un cas clinique récent illustre de manière spectaculaire les dangers cachés de l'auto-médication, même avec des produits en apparence anodins. L'histoire est celle d'un patient, suivi pour un syndrome de fatigue chronique, qui part pour un séjour de trois mois à Beyrouth. Après quelques semaines, confronté à une insomnie sévère suite à l'oubli de son traitement habituel, il se tourne vers un complément local pour l'aider à dormir. Cette décision déclenche une cascade de problèmes neurologiques graves, aboutissant à un diagnostic inattendu : une intoxication majeure à la vitamine B6. Ce cas, digne d'un thriller médical, nous offre des leçons contre-intuitives sur les vitamines, les suppléments et l'équilibre fragile de notre corps.

1. Leçon n°1 : Une "simple" vitamine peut devenir neurotoxique.

Le drame commence lorsque le patient, en vacances, développe une insomnie sévère après plusieurs semaines sans son traitement de prénénolone. Plutôt que de consulter son médecin — se sentant, de son propre aveu, "un peu gêné" et pas entièrement convaincu de la nécessité d'un si haut dosage — il décide de se procurer sur place des compléments alimentaires "naturels" pour dormir.
À son retour, il se plaint d'une insomnie qui ne cesse de s'aggraver et de "tremblements". Le Dr Mouton décrit ces derniers non pas comme de simples tremblements, mais comme "une espèce de vibration musculaire mais pas toujours au même endroit à gauche et à droite". Intrigué par ces symptômes neurologiques, le médecin n'a pas immédiatement pensé à la vitamine B6. Le moment de bascule ("tilt") est venu avec les résultats de la prise de sang : un taux de vitamine B6 quatre fois supérieur à la norme maximale autorisée. Le diagnostic était posé : une neurotoxicité sévère. Le contexte a aggravé la situation : le patient avait déjà un taux de B6 à la limite supérieure de la norme avant son départ, dans le cadre de son protocole. Partant avec un "réservoir déjà plein", l'accumulation toxique a été d'autant plus rapide et brutale.

2. Leçon n°2 : L'excès est l'ennemi du bien (la fameuse "courbe en U").

Ce cas met en lumière un principe pharmacologique essentiel mais souvent méconnu : l'effet en "courbe en U". Pour la vitamine B6, un déficit peut contribuer à l'insomnie. Cependant, et c'est là toute l'ironie, un excès massif peut provoquer le même symptôme, mais de manière bien plus sévère. En cherchant à corriger son problème, le patient a donc involontairement surchargé son organisme avec la substance même qui, en excès, aggravait son état.
Ce cas déconstruit le mythe tenace selon lequel "l'excès de vitamines B part dans l'urine". Comme le souligne le Dr Mouton, la vitamine B6, bien qu'hydrosoluble, ne s'est pas simplement éliminée ; elle s'est accumulée dans le sang jusqu'à atteindre un niveau neurotoxique.

3. Leçon n°3 : Le piège des compléments alimentaires non vérifiés.

L'une des hypothèses soulevées par le médecin est que le complément acheté contenait une dose de vitamine B6 bien plus élevée que celle indiquée sur l'étiquette. Cette situation expose un problème majeur de l'industrie des suppléments : le manque de contrôle et de transparence. Le Dr Mouton souligne le risque lié aux produits "provenant de firmes dont on n'a pas une complète connaissance, confiance, référence ou expérience".
Ceci est une mise en garde essentielle : l'appellation "naturel" ne garantit ni la sécurité, ni l'exactitude du dosage, ni la qualité du produit. La traçabilité et la fiabilité de la source sont des critères non négociables pour éviter de tels accidents.

4. Leçon n°4 : L'effet domino : un seul oubli, un effondrement hormonal.

Mais la toxicité de la B6 n'était que le début de ce que le médecin a qualifié de "cascade de conséquences horrible". Le problème initial, l'oubli du traitement de prégnénolone pendant trois mois, a déclenché un véritable effet domino. L'analyse sanguine a confirmé que non seulement son taux de prénénolone s'était effondré, mais également celui de la progestérone, une hormone qui en dérive directement.
Or, une chute de la progestérone est une cause reconnue d'insomnie. Le patient se retrouvait donc pris dans une tempête parfaite, où trois facteurs se sont combinés pour créer une insomnie "inouïe" : le style de vie de Beyrouth, plus excitant que celui de Londres, la neurotoxicité de la vitamine B6, et l'effondrement de la progestérone.

5. Leçon n°5 : L'intestin, un suspect inattendu (et une énigme scientifique).

Même en tenant compte des compléments, le taux de B6 semblait extraordinairement élevé. Le médecin a donc cherché une explication complémentaire, et le principal suspect est devenu l'intestin. Le patient étant sujet au SIBO (Small Intestinal Bacterial Overgrowth, ou prolifération bactérienne dans l'intestin grêle), une piste a émergé. Le SIBO est connu pour causer des excès de vitamines B9 et B12, et ce patient présentait justement un taux de B12 légèrement trop haut.
De là est née une théorie fascinante : le SIBO du patient, potentiellement un SIBO à méthanogènes, aurait pu produire lui-même de la vitamine B6, venant s'ajouter à celle des compléments et créant une accumulation explosive. Ce cas illustre parfaitement la rigueur du raisonnement scientifique. Pendant la consultation, l'hypothèse a provoqué un moment "bingo!". Toutefois, la vérification humble qui a suivi n'a révélé aucune étude sur PubMed validant ce lien. Le Dr Mouton précise donc que cette piste, issue d'une source unique, n'est PAS (encore) confirmée par la littérature scientifique. La science avance par des hypothèses créatives, mais ne valide que par des preuves disciplinées.

Conclusion : La prudence est mère de toutes les vitamines.

Ce cas clinique est un rappel saisissant qu'un enchaînement de décisions en apparence mineures – oublier un traitement, choisir un remède "naturel" sans avis médical – peut avoir des conséquences graves et totalement inattendues. Il déconstruit le mythe selon lequel ce qui est naturel est forcément sans risque. L'auto-supplémentation, surtout avec des produits de source inconnue, est une pratique périlleuse qui peut transformer une solution espérée en un problème bien plus sévère.

La prochaine fois que vous choisirez un complément alimentaire, vous demanderez-vous ce qu'il contient vraiment ?"

Fin de l'article par LLM

 


Retour au blog