17.1.26 Un petit billet du matin, relais de dr Chris Masterjohn, sur un de mes dossiers chouchou. Il commente ici en quoi les résultats en science nutri sont limités, forcément limités... Le cas de la vitamine D et d'une récente méta-analyse démontrant la vanité de la complémentation.
(série « Do not trust me, I am a doctor » ou comprendre les limites des sources scientifiques en nutrition)
Un petit billet du matin, relais de dr Chris Masterjohn/X*, sur un de mes dossiers chouchou: comprendre les limites des sources scientifiques en nutrition - triste constat qui me fait vous inviter à vous informer via les deux autres pans de ma grille de lecture, càd
1/ l'historique humain
et 2/ les retours de terrain, l'empirisme en gros.
* billet-source de Masterjohn 15/1/26: https://x.com/ChrisMasterjohn/status/2011911138116542937 + s'abonner à son substack: https://substack.com/@chrismasterjohnphd
Pressé d'avoir une info pratique? En hiver, prenez de l’huile de foie de morue, comme nos Anciens, càd un mix de vitamine A et D.
Scoop: toutes les vitamines sont essentielles, ***en synergie*** et ***sous leur forme naturelle***. Quelle experte je fais 😉
Un médecin sur X** relaye un graphique extrait d'une récente étude parue en avril 2025 dans le journal scientifique The Lancet sur la vitamine D et les infections respiratoires.
** billet-source du dr Hume: https://x.com/DrSamuelBHume/status/1895221014705135891
Dixit: "La prise de vitamine D vous rend-elle moins susceptible de tomber malade ? Il s'agit de l'ensemble de données le plus vaste et le plus à jour : 46 essais randomisés portant sur 65 000 personnes au total, visant à déterminer si la supplémentation en vitamine D (par rapport au placebo) prévient les infections respiratoires. La réponse ? Aucun effet."
Il poursuit. "OK, mais qu’en est-il des personnes qui avaient un faible taux de vitamine D au début ? Malheureusement aucun effet là aussi"
"Si vous prenez de la vitamine D et que si contractez une infection respiratoire, cela vous protège-t-il d'une hospitalisation (ou pire) ? Hélas! non..."
NB. "Il est vrai, soit dit en passant, qu'il existe une signification statistique pour certains sous-groupes (par exemple, en posologie quotidienne), mais ces résultats ne sont plus significatifs après une méta-régression multivariée."
Comme, en nos temps incertains, on a le nez sur le guidon, cette méta-analyse n'envisage que la période 2009-2024. Car, auparavant, les scientifiques dormaient, voyez...
Je ne me risque pas à commenter le relais de ce médecin, car il faut être statisticien en plus de spécialiste médical pour analyser ces études. Mais j'accueille les commentaires de Chris Masterjohn, docteur en nutrition, qui, lui, dispose d'une vaste culture générale et historique en nutri:
"La capacité de la science à ne mener absolument nulle part en 75 ans est vraiment incroyable.
Dès 1941, IG Spiesman a montré que les vitamines A et D préviennent le rhume lorsqu'elles sont administrées ensemble et ne font absolument rien lorsqu'elles sont administrées seules.
Que faisons-nous en 2025 ? Agréger essai après essai montrant que la vitamine D ne prévient pas le rhume lorsqu'elle est administrée seule.
J'entends déjà les retours de personnes qui se rendent esclaves de l'EBM et se soumettent aux préjugés des chercheurs qui ont créé cette approche: "l'étude de Spiesman n’était pas aussi robuste statistiquement que les recherches modernes - nous devrions l’ignorer et nous concentrer sur les méta-analyses modernes.
NB TL Lire mon billet sur les limites de l'EBM et Ma grille de lecture en 3 axes
La critique e du vrai. Mais Spiesman n’opérait pas dans le vide en jouant avec une hypothèse aléatoire.
Il enquêtait sur les raisons pour lesquelles essai après essai avait jusque là montré que l'huile de foie de morue, qui présente un équilibre entre A et D,prévient le rhume, ce qui n'advient pas avec l’huile de foie de flétan riche en A et pauvre en D.
A l'époque, une campagne massive visait à optimiser l'immunité contre la rougeole, les oreillons, la varicelle et la rubéole en important des millions de livres d'huile de foie de morue par an. On essayait aussi de rendre la main-d'œuvre industrielle américaine solide comme un roc en empêchant les gens de quitter le boulot, pour cause de crève.
Soyons lucides: La plupart des résultats en sciences ne sont pas bons parce que les scientifiques accordent trop peu d’attention à l’histoire de leurs propres domaines, travaillent sur des améliorations de détail au lieu de se concentrer sur de grands concepts. En outre, ils cherchent des subventions au lieu d’essayer de rendre le service public nécessaire : se concentrer sur les choses les plus importantes à savoir aux frontières de ce que nous avons déjà découvert.
La science avance certes, mais... vers un abîme d’absurdité.
Si l'on ne veut pas tomber malade en hiver, il faut suivre ce que les paysans d’Europe du Nord ont fait pendant des centaines d’années avant l’invention des essais cliniques: prendre de l’huile de foie de morue."
Fin du billet de Chris Masterjohn, PhD