taty lauwers

cuisinez selon votre nature

en quête d'un devenir-soi nutritionnel

Les motivations du végétalien/végétarien p. 1: le grand mix mystique

Citation du jour. "Le premier qui trouve dieu aura le droit de le garder."
Je ne connais plus l'auteur, j'ai dû lire ça quelque part un jour...

Le billet du jour aura trait aux amalgames entre spiritualité/religion et choix alimentaires, en l'occurence le végétalisme. Je l'écris à l'intention d'un praticien ou d'un proche qui veut aider un végétalien/végétarien à qui ce choix ne réussit pas. Je ne m'adresse pas aux pratiquants.

 


Ce n'est qu'en comprenant la part cachée des motivations alimentaires qu'un accompagnant peut aider un mangeur.

L'humain est habitué à cet amalgame, quasi toutes les religions imposent des interdits alimentaires. C'est d'ailleurs si prégnant que la nutrition devient souvent aussi irrationnelle que les croyances spirituelles, malgré des "études scientifiques" à la pelle. Parfois, même elle devient "rageuse" comme certains croyants excessifs peuvent l'être, quand ils éliminent de leur environnement ceux qui ne partagent pas leurs idéaux.

J'ai compris ça depuis plus de 20 ans, et je continue pourtant à exposer un regard latéral mais rationnel sur la nutri. Uniquement pour les beaux yeux de l'Eternel... car peu sont ceux qui peuvent lire ce discours, ici et maintenant. En une période où dieu est mort, beaucoup de mangeurs le cherchent dans l'alimentaire. Facile, c'est un domaine tripal, maternel, affectif, peu cérébral. Mes livres d'alternutrition s'adressent aux "rationnels"... ce qui explique pourquoi, en tant qu'auteur, je gagne deux euros de l'heure en moyenne. Les ventes de mes livres sont anecdotiques. Si je suis réincarnée en autre chose qu'une bactérie (mon souhait le plus cher), je me placerai en gourou: une seule idée, un seul logo, je m'en mettrai plein les fouilles. En cette vie-ci, je fais l'inverse.

Ma recherche spirituelle et mystique ne se focalise pas sur l'alimentaire. Je crois en revanche qu'un corps bien nourri, épuré, peut mieux méditer, mieux se connecter à autrui et au grand tout.

Nombre des jeunes que je vois dans l'Egoland (mon nouveau synonyme pour youtube) ou que je lis sur le ouaibe me semblent emmenés dans un drôle de chemin. Ils ne veulent pas affronter leur névrose de mort, qui est un réflexe humain naturel, et se réfugient dans le végétalisme éthique. Je connais! Je l'ai vécu lorsque je suis devenue végétarienne à 38 ans, après avoir été confrontée à l'approche de la mortalité par la grâce d'un cancer -- opéré, mais dont les médecins me donnaient quelques mois de survie. J'ai tenté de convaincre tout mon entourage de passer au végé, mais je n'ai pas été jusqu'à me filmer en train d'embrasser des vachettes ou des biquettes, comme le font certains, prouvant ainsi leur amour du grand tout. Je ris dans ma barbe naissante: voudraient-ils bien enlacer avec tant d'entrain des asticots? Car finalement ce sont eux qui auront raison et qui leur tiendront compagnie pour les embrasser à leur tour...

En plus de vingt ans, j'ai eu le temps de faire mon chemin face à la névrose de mort. Ce n'est pas une voie rapide ou facile. Et surtout: je ne sais pas comment aider un mangeur à faire ce travail. Invitez-les à la regarder en face plutôt qu'à dévier ce nécessaire obstacle vers des choix alimentaires qui peuvent leur faire du tort. Trouvez les outils nécessaires, en fonction de la personne qui est en face, en fonction de ce qu'elle peut entendre ici et maintenant.

"Leur faire du tort"? Eh oui... Le végétalisme n'est qu'une cure de drainage, pas un choix alimentaire durable. Quelle que soit la force du déni des pratiquants, qui refusent de se voir réellement: nerfs atteints (perte de concentration, perte d'humour), hormones en berne (perte de règles, perte de libido), circuits métaboliques niqués (fonte musculaire, perte de dents, etc...), visages ridés précocement, etc.. Ce billet n'est pas le lieu d'une longue démonstration, qui sera faite dans le livre final. Résumons quelques arguments que vous pourrez exposer à votre patient ou fils végétalien, souvent crudivore, dès que cette part de son irrrationnalité aura fait place à l'écoute de soi.

Mes trois critères de bon sens, pour un choix alimentaire longue durée:

  1. Des sociétés longèves et prospères en santé ont-elles pratiqué le végétalisme? cru en outre?
  2. Y a-t-il des études scientifiques publiées dans des magazines sérieux? Y a-t-il consensus ou s'agit-il d'études anecdotiques?
  3. Sur le terrain, observe-t-on des bénéfices durables? chez 80% des vrais pratiquants? Il faut bien envisager les biochimies d'astronaute qui survivent à tout et à n'importe quoi, physiologies que j'évaluerais à 1% de la population, mais calculons large. J'ai mentionné "vrais" pratiquants car il n'est un secret pour personnes (sauf les croyants) que les gourous ne mangent pas toujours comme ils le prétendent.

Ma réponse rationnelle, informée, documentée: non pour les 3 points. Je persiste: le veganisme surtout cru est une cure, qui est par essence temporaire. De 3 semaines à 3 mois. Pour certains mangeurs à la biochimie particulière, même le végétarisme, plus modéré, est même déconseillé!

Votre travail d'accompagnant consistera à réconcilier le mangeur avec son propre corps, à lui faire reconnaître les troubles que ce mode alimentaire a pu installer chez lui, à reconnecter sa quête spirituelle à des motifs plus nobles.. Ce n'est qu'après que vous pourrez enfin le rabibocher en lui faisant accepter soit plus de cuit, soit plus de graisses, soit des protéines animales comme les oeufs ou les laitages. Le choix dépendra de sa pratique préalable et de sa biochimie.

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