taty lauwers

cuisinez selon votre nature

en quête d'un devenir-soi nutritionnel

  Brouillons "Végétarisme et bon sens"

Introduction

C'est un premier jet d'un topo expert à paraître, mais vous vous en doutiez, vous connaissez le blog...
La couverture est aussi un projet. ça bougera!
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Ce tome inclura le chapitre "Le cru à corps perdu"

 


Ce tome s'adresse aux diététiciens et alternutritionnistes, depuis l'hygiéniste jusqu'au nutrithérapeute. Il est aussi rédigé pour les proches qui voudraient comprendre et aider les mangeurs lorsqu'ils se fourvoyent en végétarisme mal adapté à leur cas.

Quels que soient les débats éthiques et gustatifs autour du sujet, le végétarisme garantit-il vraiment la bonne santé pour tous, ici et maintenant ?

L'ancienne génération de végétariens (avant les années 70) appliquait un régime largement dominé par les légumes, les légumineuses, les céréales complètes, les oléagineux et les fruits secs, qu'ils agrémentaient de produits laitiers et d'œufs, parfois ou régulièrement, selon leurs convictions. Ce régime varié intégrait des produits frais et couvrait la majorité des nutriments requis. Qu'est-il arrivé , s'est demandé la ci-devant végétarienne de cœur qui vous parle, pour que le végétarisme ne rime plus avec bonne mine chez tous les mangeurs?

Mon hypothèse. À cette époque, le lait était encore du vrai lait, non trituré-homogénéisé-UHTisé comme aujourd'hui. Idem pour les laitages. Les poules n'avaient pas connu les batteries. La ménagère utilisait exceptionnellement des aliments préparés, pour se dépanner. Le végétarisme de l'an 2000 n'a plus grand-chose à voir avec cette vision paradisiaque.

Il a aussi pâti de l'omniprésence à ses côtés de la vague macrobiote, régime excessif et version univoque de l'extraordinaire diététique taoïste tout autant que des résurgences du mouvement crudiste, un temps « instincto-thérapie », désormais « alimentation vivante » .

Il n'a pas échappé à l'industrie qu'un bel et bon créneau se dégage de cette nouvelle mode du végétarisme, pourtant si élevée d'un point de vue éthique. Et par ici les substituts (soja, quorn, tofu, etc.) dont nos parents végétariens se sont facilement passés (et dont les végétariens d'Inde se passent aussi…).

Ces substituts sont le sujet d'un long débat, dont le premier point est le suivant: seuls les industriels veulent convaincre qu'ils sont sains… Il n'est que d'écouter ce qu'en disait André Passebecq, grand manitou du végétarisme, thérapeute et conférencier pendant plus de soixante ans. En gros : « jusqu'à l'introduction du lait de soja, les végétariens étaient des modèles de santé ».

Aujourd'hui que les aliments de confort sont devenus la norme et que l'élevage industriel (œufs et lait) s'est généralisé jusque dans les placards des amis végés, on ne peut plus affirmer que le régime végétarien soit équilibré.

Par ailleurs, il est peu médiatisé qu'il faut être relativement bien-portant pour être végétarien puriste... Or, la jeune génération des Occidentaux est plus fragile que ne l'était humain auparavant.

NB. Jeune génération. Je ne gagatise pas depuis que j'ai passé le cap des soixante ans. J'observe qu'il y a une claire différence de métabolisme et de biochimie entre ceux qui ont aujourd'hui plus ou ou moins de 35 ans. Je place donc arbitrairement une barre aux naissances après l'année 1980. Ces plus jeunes ne peuvent pas faire ce qu'ils veulent de leur corps. Déjà, dans ma génération, nous sommes plus fragiles que les aînés, cette bonne fabrication d'avant-guerre...

L'éthique du végétarisme

Une règle paternelle: «on ne parle pas de religion à table »....

Je ne me risque pas à aborder ici le discours de l'éthique du végétarisme, soit « quand la table devient mystique ». Ce sujet très chaud, très émotionnel a déjà fait l'objet de dossiers complets et bien documentés.

Je n'ai pas mis longtemps à comprendre à mes débuts en 1996 qu'en nutrition, on n'est pas dans la science mais dans l'irrationnel -- ce qui me permettait de rire et non de m'énerver face aux arguments mysticogazeux qu'on me retournait, du temps où je répondais aux mails et où je participais aux forums/blogs surtout de la part des crudivores (que je fus) et des macrobiotes (que je fus aussi en mon temps).

On verra ici comment se prémunir des dérives actuelles et comment être végétarien équilibré sans substituts, comment ramener vers plus de bon sens les végétariens qui ont été trop loin, lorsque ce plan alimentaire ne leur convient pas ou plus. Pas de discours éthiques, mille et uns parmi mes caramades de ternette s'occupent de les exposer.

Etat des lieux

Le mythe du tout-végétal

« Une enfant (...), végétarienne de naissance, quand elle devient femme, n'a pas des règles de trois ou quatre jours, mais perd tous les 28 jours une seule goutte de sang. ». Voilà le type d'affirmations péremptoires qui me plonge dans des abîmes de perplexité : est-ce vrai, est-ce recommandable ? J'ai extrait ce paragraphe du pourtant remarquable ouvrage de Bianca et Alain Saury, « Se nourrir, se guérir aux plantes sauvages » chez Tchou, car c'est ma lecture du jour.

Dans le même registre, vous trouverez ce type d'affirmations dans une flopée de livres de cuisine végétarienne. Ceux à qui ce mode alimentaire a réussi se trouvent habités d'un enthousiasme qui leur fait oublier le sens commun: « Tous au pas ! C'est mon système que je l'aime qui est le mieux ! Pas de discussion, rompez !»

En ces temps de faim (de fin ?) de religion, nous cherchons des repères liturgiques jusque dans la cuisine. Mais faut-il en perdre le jugement ? Dans les quelques heures de loisir qui me restent, j'aimerais écrire une gentille satire brocardant la naïveté alimentariste de mes copains qui se piquent d'une fine connaissance de soi, férus de stages de chamanisme ou de méditation. Beaucoup sont végétariens, parfois végétaliens -- ceux qui n'acceptent aucun produit animal, à l'inverse des ovo-lacto-végétariens. Certains annoncent : « La viande empêche de méditer ». Je reste à nouveau perplexe.Comment fait donc le Dalaï Lama, lui qui a dû se résoudre à consommer à nouveau de la viande sur la prescription de son médecin tibétain ?

Il est tant de profils métaboliques différents ! Certains de mes compères et commères se trouveraient infiniment mieux à écouter leur intuition profonde -- l'instinct alimentaire, lui, ne porte que sur des aliments originels, non cuits, non transformés; technique peu praticable par le profane. Entre quatre-z-yeux, j'ai déjà recueilli moult témoignages de végétariens : « Si tu savais comme je rêve d'un bon steak grillé! » ou  « Oh, ce bouillon de volaille, qu'est-ce que ça sent bon... ». Allez, que diable, une exception n'a pas tué un homme!

Sachons utiliser les croyances avec modération. Entre croyance, instinct et intuition, il est difficile de s'y retrouver. Dans mon cas personnel (ce que j'ai de mieux…), c'est une dernière grave épreuve de santé qui m'a éclairée. À l'agonie, quand je n'avais plus rien à perdre, il m'a été plus facile de me dire : « Oh,et puis zut à la fin, je vais manger ce qui me hante plutôt que de suivre la fameuse mirifique mirabolique méthode de madame Duschmol qui a sauvé mon voisin ».

Ce lâcher-prise des croyances m'a sauvée. Je fais partie de la petite minorité d'humains à qui ne profite pas le régime végétarien tous azimuts — régime que je suivais un peu aveuglément, en mode crudivore qui plus est, braquée par ma peur d'une rechute de cancer.

Pour se conforter dans l'écoute de vos intuitions profondes, jetons un petit coup d'œil circulaire aux habitudes ancestrales, parfois encore en cours dans de lointaines contrées. S'il est clair que nous gagnerions tous (animaux compris !) à réduire notre prédation carnassière actuelle, les exemples historiques de sociétés humaines qui auraient pratiqué le pur végétalisme sont rarissimes. Les œufs et les laitages sont un minimum...

Le Tout-Végétal peut être supérieur en périodes de détoxination si l'on vit une maladie d'encrassage. Il n'est que de voir le succès dans les pathologies graves de la pratique du crudivorisme selon Ann Wigmore (« alimentation vivante ») ou du régime numéro 7 des macrobiotes (cuissons longuissimes). Et cela est bien normal, dans notre monde surintoxiné/intoxiqué. Mais après les trois à six premiers mois de nécessaire nettoyage, il faut revoir la stratégie pour la plupart des mangeurs..

Tenu en permanence, ces régimes provoquent chez la  plupart des pratiquants des effets non désirés, qui peuvent devenir gravissimes.

La Hallelujah Diet américaine se fonde sur le texte de la Genèse 1,29 pour limiter la plage alimentaire aux végétaux. On ne compte plus les témoignages de désastres de santé qui ont suivi pour les bibliphiles qui ont suivi le régime avec trop de ferveur. Mon alter ego américain, Chet Day, ex-promoteur de ce régime, s'est racheté une conscience en collectionnant les témoignages de ces martyrs alimentaires sur son site (www.chetday.com). En ce joli mois de mars 2015, je ne retrouve plus ce dossier sur son site, hélas! Il a dû se fatiguer des réactions acides du monde du cru.

NB. Là où les macrobiotes peuvent être violents en gestes, à la mode du tigre -- j'en fus victime lors de deux conférences, où heureusement les participants m'ont protégée de l'agression --, les crudivores peuvent être violents à la mode de l'araignée, selon la métaphore d'Olivier Clerc. Elle vous étouffera sournoisement, en douceur!

Si les dégâts provoqués par ces excès n'étaient que passagers, rien ne justifierait mes bafouilles sur le végé mal conduit ou le crudivorisme mal adapté. L'organisme en sort affaibli, la digestion est nase au point qu'il faut parfois de longs mois pour remettre sur pied une aventure d'un mois seulement. C'est si facile de déclencher une guerre, n'est ce pas.. mais si difficile de rétablir la paix. On ne peut tout simplement conseiller au mangeur: "remangez normalement et tout ira mieux", car certains organes ont lâché les manettes, il ne peut plus "manger normalement" tout à trac. Il faut une rééducation!


NB fin 2017. La suite des brouillons a disparu du blog, car le livre papier part en production. Etre prévenu de la sortie du livre papier


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