taty lauwers

cuisinez selon votre nature

en quête d'un devenir-soi nutritionnel

  Comprendre les motivations du végétalien : le lobe frontal?

5.11 Interprète de formation, j'aime traduire les langues. J'aime tout autant interpréter comment fonctionne le cerveau de mes camarades. J'envisage à l'intention de mes camarades coachs en nutri une des raisons pour lesquelles les frais véganes n'auraient pas pris le temps d'investiguer avant de se lancer dans ce mode alimentaire. S'il ne leur réussit pas.
 

On a déjà vu dans d'autres billets que le succès inoui de la mouvance végane dans nos médias (inoui car il est impressionnant de voir tant de gens ***choisir*** de se mettre en famine) est dû à plusieurs facteurs, comme la force du groupe: tous mes copains de fac' le font, je ne veux pas faire tache; comme le seul recours irréfléchi face à la sensiblerie entretenue par des vidéos choquantes; comme la volonté de paraître (mince, car on maigrit au début, normal: famine), comme la volonté de se démarquer et le rejet des Anciens (au principal des ados ou post-ados), comme la croyance que ce mode alimentaire va sauver la planète. En suivant toutes ces pistes, on pourrait transposer son assiette à la française en mode semi-végé ou végétarien, sage, modéré et qui a fait ses preuves (et encore! pas chez tous...). Pour le choix végane, ,je pense à une motivation plus subtile, plus sournoise même, inconsciente en tout cas. Voici voilà mon hypothèse.

J'aime interpréter comment fonctionne le cerveau de mes camarades. Car, non, nous n'avons pas tous les mêmes procédures mentales. En tant qu'écrivain ou que conférencier, il est d'ailleurs amusant de voir ce que chacun comprend d'une même phrase, d'un même paragraphe.

Lorsque je donnais des conférences sur la nutrition, mon texte était écrit, à la virgule près. Je donnais l'impression d'improviser, car je faisais le clown, mais je le connaissais bien, mon discours. Des spectateurs aimables et aimants m'ont souvent envoyé des résumés de mes conférences, regrettant de ne pas avoir eu le texte. Systématique: le résumé ne correspondait quasi en rien à mon discours, il reproduisait souvent le contenu de grands courants de pensée en nutri, Kousmine, Kiefer et compagnie. Avec quelques incartades vers mon regard latéral. Ce n'était pas un résumé, c'était une plongée dans les croyances de mes lecteurs, dans leur cerveau.

Je suis assez touchée de voir le comportement de certains jeunes "hyper connectés", en particulier à ma tête de turc: facebook, ces jeunes qui semblent comme paralysés dans l'action de la vie quotidienne. C'est une épidémie! Je ne sais comment les aider, si ce n'est proposer des explications mystico-gazeuses sur le fait que "oh c'est dur de vivre dans une atsmophère si collapsologue". On est ici face à un effet bien plus profond, quasi physiologique et, à ce titre, ils en sont victimes plutôt que responsables. Qu'est-ce qui pourrait bien se passer dans leur cerveau pour qu'ils paraissent totalement dépourvus de dopamine?

Je suis biaisée car j'ai un oeuf à peler avec le tout-numérique (voir mon long dossier: de la page 1 à la dernière page), mais se pourrait-il que l'immobilisme, doublé d'inhibition (bizarre combinaison), que l'on peut observer chez ceux qui en sont atteints soit due à une forme de transformation du cortex préfontal, générée par l'hyperconnection permanente, combinée à d'autres stress quotidiens (entre autres certaines substances récréatives et la boue électromagnétique dans laquelle nous vivons désormais - vous connaissez mon cheval de bataille)? Leur comportement ressemble à celui qu'engendrent des lésions du lobe frontal, telles que les détaille le docteur Lionel Naccache dans sa série "Parlez-vous cerveau" sur France Inter (2017, voir ci-dessous). Pour me suivre ici, il faut accepter les dernières découvertes des neurosciences, selon lesquelles des zones du cerveau se "travaillent" ou s'inactivent au quotidien selon ce qu'on stimule.

Naccache élabore autour de la devise"Carpe diem" d'Epicure et la met en rapport avec le comportements de patients victimes de lésion du lobe frontal (après accident, par exemple). Car les personnes qui souffrent de ces désordres montrent des difficultés à planifier, décider, créer, càd mener à bien toutes ces opérations qui demandent une projection dans le futur. Ils semblent enfermés dans le présent, et, partant, sont désinhibés puisqu'ils n'envisagent plus les conséquences des actes - le futur en soi. Leur cas est bien plus extrême que celui des jeunes hyperconnectés, mais on l'utilisera ici comme "manifestation d'un léger désordre de...".

Désordres du cortex préfrontal qui pourraient très bien être engendrés par un attachement excessif aux injonctions des réseaux sociaux comme FB, qui a tout intérêt à jouer à distance avec cette zone du cerveau. Je rappelle que cette entreprise a engagé les meilleurs cognitiens mondiaux pour gérer l'addiction de leurs internautes et qu'ils ont reconnu faire des expériences à distance sur la pâtée pour chercheurs que représente leur auditorat. Ils sont une régie publicitaire et doivent trouver comment plumer le pigeon, ils ne sont pas une entreprise philanthropique. Quand le préfrontal est atteint, on a tendance à suivre le dernier qui a parlé, sans réfléchir. Parfait pour le bizness.

Qui a étudié les zones qu'ils pilotent par leurs manipulations cognitives ? Amusante coincidence: le cortex préfrontal serait la zone en charge des mensonges et de la tromperie (lire Scientific American) - ce qui est le coeur de business du cyborg de service, alias l'ami zuckerberg. Y a-t-il des études sur l'impact de l'hyperconnectivité sur le préfrontal? Ce n'est pas le sujet de Naccache, j'ai exploré ce que m'a inspiré son billet. Chercheurs, à vos fioles!

Ce petit détour par les extrêmes pour exposer que, parfois, un blocage dans la prise de décision, une inhibition de la volonté peut faire qu'on suit un ordre immédiat: celui d'un groupe dématérialisé de, par exemple, se lancer dans une expérience alimentaire toute nouvelle pour l'humanité - expérience risquée pour la santé à l'heure même où nous, Occidentaux, jeunes en particulier, sommes bien plus fragiles que nos aïeux et nos voisins d'autres continents. Je reformulerai pour le livre final, mais je pense que je tiens ici un des arguments supplémentaires à envisager quand on reçoit en consultation un végane décati tout brinquebalant, qui ne se rappelle même plus pourquoi il est parti par là.



une illu que j'ai déjà utilisée dans mon réquisitoire anti-fb, mais que je continue à apprécier


Pour vous faire une idée, écoutez la chronique de Lionel Naccache sur le lobe frontal.
(Pas de transcription écrite pour les lecteurs rapides, mais le billet est court, +- 5 minutes).