taty lauwers

cuisinez selon votre nature

en quête d'un devenir-soi nutritionnel

 Le meilleur antimythes: le DEC


Copie d'écran lors d'une émission Arte-tv sur le retour des envahisseurs nuisibles
16.11 La nutrition est percluse de mythes, ce n'est pas un scoop. Déconstruire les mythes anciens et modernes est amusant, mais j'ai en outre un rapport particulier avec les mythes qui ne sont que des mensonges, sans plus. Pensons véganisme. Comment s'armer pour ne pas gober n'importe quoi?
 

 

Eh oui, les arguments véganes et antispécistes sont quasi tous de gros et plats mensonges. Je suis généralement le casse-pieds de service, qui n'aime pas qu'on mente. Dans une pièce de vaudeville, je dois me retenir pour ne pas crier à l'acteur: "mais regarde dans le placard, l'amant de ta femme s'y cache". Enfantin, n'est-il pas? J'assume.

J'ai repensé récemment au concept d'anti-mythes en visionnant des vlogs par de jeunes archéologues, dont l'un s'annonce comme "le nettoyeur de mythes". Terme d'antimythes qui fait sourire, si l'on sait que je suis désormais active dans le travail des toisons brutes (alpaga, angora, mouton, etc.) et que les mites sont notre obsession.

Je suis tombée sur ces vidéos lors d'une recherche sur ce que pouvait être la différence entre "reconstitution historique", "expérimentation" et "archéologie expérimentale". Toujours dans le cadre des teintures végétales de ces toisons: mais comment faisaient les Celtes et les Gaulois pour teindre?

Nous, les fibreuses sommes à la recherche du parfait antimites. Je n'en ai pas encore trouvé. En revanche, en nutri je connais le meilleur antimythes: le DEC.

Discernenemt

Eclairage

Contexte

Vous procédez à une recherche sur le net ou dans des livres autres que les fondamentaux, ces "bibles" auxquelles on peut se fier. Mon fils vous répéterait avec un grand soupir les bases du DEC que je lui ressasse régulièrement.

Chou, merci pour le lien que tu m'envoies, mais t'es-tu posé la question du contexte? Quelle est la formation (du blogueur ou vlogueur selon ce que fiston m'envoie comme info). Quelle est son expérience sur le terrain? Je n'ai pas trouvé son cv sur le site... Avec quelle équipe travaille-t-il? A-t-il vraiment le diplôme annoncé? Un astrophysicien peut me parler de régimes ou de sauver la planète: je pouffe! Je l'écouterai sur les trous noirs.
Par exemple, mon contexte perso: une profane très cultivée en nutri qui fait la médiation grand public de régimes ou de concepts peu connus. Sans prétendre avoir rien inventé.

Quel est son éclairage : quelles sont les motivations du gars dont tu me parles, quelle est son objectif réel pour énoncer telle ou telle certitude? Est-il au début de sa transition (cétogénique ou végane ou cross-fit ou que sais-je)? A-t-il assez de recul? Parle-t-il pour des hommes jeunes en bonne santé et sportifs? A-t-il pensé à des mamans actives et débordées, fatiguées, si pas épuisées? S'il cite des études, a-t-il repris toutes les études et non précisément celles qui le renforcent (le fameux cherry picking des anglophones, on ne choisit que les bonnes cerises, qui sont à portée de main)?
Mon éclairage perso, par exemple, est le profilage alimentaire et la liberté en cuisine. Mon propre travail est basé sur des kilomètres de documentation contradictoire, mais j'ai choisi le ton "mémé", pragmatique. Je ne cite pas mes sources, je me la jouerais trop sérieuse.

Et enfin, il faut cultiver le discernement, qui est nourri par ces deux questions systématiques du contexte et de l'éclairage et qui n'est que la "sagesse de distinguer" de nos aïeux. Je fais court ici car j'en parle tout le temps. Par exemple ici et .

Votre point de vue sur la citation de Marc Aurèle: "Donne moi le courage de changer les choses que je peux changer, la sérénité d’accepter celles que je ne peux pas changer, et la sagesse de distinguer entre les deux." Je reprends les copies dans une heure.

Pour revenir à mes little darlings, tous les humains ne sont pas supposés être logiques, certes. Mais depuis dix ans, ,je ne suis pas la seule parmi les pédagogues à observer que mes interlocuteurs sont singulièrement entraînés à l'anti-DEC, ce que je mets sur le compte du travail de sape par les réseaux sociaux. Entre autres. A côté de mon aspect enfantin, je suis aussi vieux jeu: contrairement à mes camarades, je ne suis pas lassée de tant de libertés, je n'ai pas envie de me cacher dans une burka de croyances infondées pour ne pas avoir à penser par moi-même, je pense qu'on vit mieux, droit, autonome et fier, que soumis à des diktats de masse. Non seulement je n'aime pas qu'on me commande comme à un gnou, comme le font les régies publicitaires que vous appelez "réseaux", mais je suis presque sûre que si j'y passais du temps, j'y laisserais des plumes de mon esprit critique. Bien prétentieux celui qui croit résister à leurs manipulations de masses. D'où mon absence de ces mediums: je me protège. Et j'assume la voix vieux-jeu!

J'ai exposé ce que j'entends par DEC en termes profanes, car j'en suis une et j'écris pour d'autres profanes. Face aux biais cognitifs qui sont courants en nutrition, les neurocogniticiens mentionneront des phénomènes mieux documentés comme la dissonance cognitive, les biais de confirmation, les corrélations erronées, la suspension consentie de l'incrédulité - tous sujets qui vous passionneront si, comme moi, vous aimez décoder ce qui se passe dans le cerveau de vos congénères. Et le mien, par la même occasion.

Dans mon approche en nutri, j'ai contourné ces biais par une technique simplissime: "mais écoutez vous bon dieu". Tu dors mieux? Ta peau? Ton transit? Tu pètes moins? Ou tu pètes-que-ça-schlingue-Bopal? T'es ballonné? Ton arthrose? On a tant de signes pour nous indiquer si on mange mieux... Mais pour celui qui n'est pas prêt à s'écouter, il reste l'incontournable passage par le DEC.