taty lauwers

cuisinez selon votre nature

en quête d'un devenir-soi nutritionnel

   Gros: des risques systématiques? Mince: protégé?

4.12 Un extrait d'un topo expert à paraître, complément de ce topo profane: être mince ne garantit pas qu'on soit préservé des maladies de civilisation.

On croit qu'être gros favorise des maladies et qu'être mince est une garantie de santé. Oh, la gaffe! Le gras n'est toxique que quand il est mal placé. Des obèses peuvent avoir des formules sanguines gracieuses, un rapport au sucre tout à fait équilibré (sous-entendu aucun risque de diabète). Des maigrichons peuvent se préparer en cachette un bel accident cardiovasculaire.

Grâce aux nouvelles techniques d'imagerie médicale (IRM ou CT scan), on a pu définir des sous-phénotypes dans la population, catégories qui permettent de mieux prédire des risques de santé: Il nous faut trouver des équivalents français à ces termes anglophones. Vous pourriez être:

  • TOFI: thin on the outstide, fat on the inside- mince à l'extérieur, gras à l'intérieur
    MEGI (?) en français. La traduction "corpulent à l'intérieur" que j'ai lue sur des sites français n'est pas parlante car il s'agit bien de gras qui s'est immiscé dans les organes.
    TOFI se dit aussi "poids normal/métaboliquement obèse" ou "obésité invisible"
  • FOTI: fat on the outside, thin on the inside
    gras à l'extérieur, mince à l'intérieur - GEMI (?) en français
  • On peut bien sûr être FOFI: fat on the outside, fat on the inside, c'est à dire porter du gras interne et externe

Selon l'article wikipedia sur les tofi, on estime que 14% des hommes et 12% des femmes dont le BMI est pourtant idéal (20–25 kg/m2) sont classés TOFI/MEGI selon les scans. Pourquoi reçoivent-ils ce triste libellé d'être "comme des obèses au plan métabolique"? C'est que ces dépôts malvenus de gras interne qui leur plombent la biochimie les rend plus aptes à :

  • développer de l'insulinorésistance (et donc un diabète adulte) s'ils ne sont pas actifs physiquement,
    voir une infographie pour comprendre le sujet
  • développer une forme d'insensibilité à l'insuline, précurseur de l'insulinorésistance,
  • manifester un profil lipidique athérogénique (voir les tests sanguins, le médecin expliquera cholestérol & Cie)
  • et se créer ce qu'on appelle un foie gras (une stéatose non alcoolique)
  • ce qui ouvre la porte aux maladies de civilisation, dont le diabète et les accidents cardiaques.

Plusieurs de ces critères impliquent que cet article se trouve dans le blog de Cinglés de sucres et de son topo expert à paraître: Itinéraire de décrochage des sucres.

Voyons en image ce que signifie "gras à l'intérieur".

Voir en photo d'imagerie sur Wikimedia commons: deux personnes d'âge similaire, de même genre et de même BMI, dont le pourcentage de gras est identique. Pour celui de gauche: le gras se cache dans les organes, celui de droite: le gras s'est fixé à l'extérieur. On voit bien en zones blanches le gras qui encombre le bon fonctionnement des organes.

Source: CC BY-SA 3.0

Une image encore plus parlante sur le même site: une coupe permettant de voir le gras viscéral chez des hommes dont la taille a la même circonférence pourtant: 84 cm. On trouve depuis 0.5litres jusqu'à 4.3 litres de gras. Imaginez comme les organes peinent à fonctionner quand ils sont noyés de graisses comme le dernier de la liste...

CC BY-SA 3.0, Source

 

 

En vidéo

Pour découvrir le sujet en vidéo, une série de reportages de la BBC: "les hommes qui nous ont rendus gros" (The men who made us fat, 2012), avec le journaliste Jacques Peretti. Pas de sous-titres possibles, on dirait.

En particulier, l'épisode où Peretti se fait scanner : "ses reins flottent dans une mer de graisses", selon les termes de son médecin.

 


 Retour au blog