taty lauwers

cuisinez selon votre nature

En recherche d'un "devenir soi" nutritionnel... Lire la suite

"Au-delà des régimes"

Brouillons 2015 - p. 6

Vous avez essayé tous les régimes, vous avez perdu du poids mais vous l'avez repris en totalité, avec un petit rabiot. Résultat : vous pesez aujourd'hui dix, vingt, trente kilos de plus qu'avant d'avoir commencé les régimes minceur.

Cerise sur le gâteau : quelque régime que vous entamiez désormais, les effets sont médiocres -- si pas nuls, malgré que vos copines vous promettent des lendemains qui chantent  avec « ce nouveau régime, tu vas voir, c'est super efficace ». Pour elle, certes, mais pas pour vous !

Je m'adresse ici aux désespérés des régimes dont l'organisme s'est détraqué au fil de ces multiples essais hypocaloriques, hypoglucidiques, hyperprotéinés et j'en passe. Il ne répond tout simplement plus. Oui, tout comme le « Manitoba ne répond plus », la bande dessinée d'Hergé avec Jo, Zette et Jocko. Je pourrais qualifier ces profils particuliers de « manitobas », je vais opter pour "madonnes" dans le texte qui suit (eh oui, comme "madonnes des désespérés"), ce qui est plus joli que "propriétaires de gras coriace", non?

Il essentiel de bien faire la différence entre les madonnes et les mangeurs qui cherchent simplement à perdre un peu ou beaucoup de poids, mais dont l'organisme est encore en état de répondre aux injonctions classiques - la première étant "manger moins, bouger plus".

Le régime que je propose ici n'est utile que pour les désespérés des régimes. « Les autres » peuvent pratiquer n'importe quelle restriction (calorique, glucidique, alcoolique, protéinée, glutenique, la chrononutrition, que sais-je encore ?), ils en trouveront des effets positifs sur le poids, l'énergie, la peau, etc..

Les madonnes : c'est un autre combat !

Pensons à Véronique, qui vient de jeûner 21 jours pour perdre… 1 kilo alors qu'elle est en gros surpoids. J'ai choisi un cas extrême, car il est édifiant pour qui veut comprendre les dégâts que peuvent produire les régimes en cascade. Je la connais, elle n'est pas simulatrice.

Au fil des régimes hypocaloriques, le thermostat intérieur de Véronique s'est fichu. Le corps ne s'adapte plus à des prises alimentaires réduites, si pas à des jeûnes, il ne brûle pas plus lors de sa pratique de sport intensif non plus. Il bloque la combustion, si l'on veut.

En outre, Véro a toujours faim, même au sortir d'un repas… Elle grignote en permanence.

Parlons technique: Véronique vit les effets de la thermogénèse adaptative. Dès la sortie d'un régime minceur hypocalorique, la thermogenèse adaptative signifie une augmentation d'une hormone de la faim (la ghreline) et une diminution de l'hormone de la satiété, quand ce n'est pas une rupture totale de communication de cette hormone (la leptine). Outre que réduire les calories en permanence ralentit l'organisme, cela fragilise le mangeur, qui devient frileux, constipé et nerveux (sans parler du triste état de la peau). 

Je parle bien aux madonnes car j'en suis une. Depuis plus de dix ans, je n'arrive pas à me débarrasser d'un gros surpoids, accumulé depuis la ménopause – que je mange beaucoup ou pas (en général je suis rassasiée avec bien moins que les doses classiquement recommandées) ou que je fasse du sport (en été, beaucoup de tennis).

Abonnée aux régimes minceur depuis mes quatorze ans, je sais pourtant comment faire. Mais voilà, mon corps ne veut pas ce que mon cerveau lui dicte. Impossible de lâcher ce gras.

J'aurais pu écrire je « n'arrivais » pas à perdre ce poids, car je pense avoir trouvé une des clefs possibles pour pouvoir aider les autres desespérées des régimes.

Depuis 2005, j'avais pris petit à petit presque vingt kilos. Oui, juste comme lorsque j'avais arrêté de fumer. La différence ? Je n'arrivais plus à les perdre. Je me rassurais : « à la ménopause, c'est normal ; et puis à soixante ans, on ne peut plus mincir, tous les experts l'affirment ».

Mais le petit bouledogue qui habite en moi ne lâche pas si vite prise, je voulais retrouver mon image d'avant. C'est dur de se voir dans le costume de Casimir quand on a des problèmes d'image.

Depuis dix ans j'ai donc essayé tous les trucs à la mode pour perdre deux kilos la première semaine puis… plus rien ! Et pour reprendre ces deux kilos (et un petit plus) en trois jours d'une alimentation normale, pourtant très saine.  Parmi les derniers tests : le low-carb (assiette pauvre en glucides), la paléo ou le jeûne intermittent des pratiquants de la paléo. Aucun effet probant sur le poids, malgré l'impressionnant résultat sur l'énergie, le tonus.

Je n'ai bien évidemment pas retesté les principes classiques minceur « mange-moins-bouge-plus », car je sais qu'ils sont vains, chez moi. Provoquer un déficit calorique pour mincir est réservé aux nouveaux-arrivés du beau monde de l'amincissement. C'est une absurdité chez les multirécidivistes de régimes, les "adaptés".

Depuis avril, j'ai testé une forme de régime qui n'en a pas les défauts mais qui n'en a que le bénéfice : le régime alterné ou 1/1, que j'ai appelé récemment "stop & go".

L'avant- dernier libellé était QIJA pour "QuasI Jeûnes Alternés". On pourrait chercher un nom du côté de REA (restriction énergétique alternée) ou ARC (alternance de restriction calorique) ou JIRCA, moins précis (Jeûne intermittent avec restriction calorique alternée). J'ai le temps de se décider vu que je n'arrête pas de reporter les délais de publication de mon livre sur les régimes…

Le système consiste à quasi-jeûner un jour sur deux. Ce n'est pas un jeûne, mais bien un quasi-jeûne : un jour maigre, un jour gras, un jour maigre, un jour gras… etc… C'est d'un simple ! Voir les détails précis

Le régime stop&go apporte en outre les bienfaits du jeûne, sans les lourdeurs : pas besoin de pratiquer la procédure d'entrée en jeûne de quelques jours, pas besoin de se retirer à la campagne ou d'arrêter ses activités, de dormir plus, etc.. C'est assurément moins efficace pour les maladies graves, mais pour des cas ordinaires, on obtient la même pêche, la même détox', sans les contraintes.

J'ai pratiqué la  variante originelle prônée par la découvreuse, Krista Varady (quasi-jeûner un jour sur deux) pendant 8 semaines, au cours desquelles j'ai été la première étonnée d'avoir perdu (enfin !) 7kg, 10cm de tour de hanches et 10cm de tour de taille.

NB. Après six mois d'arrêt du système et de reprise alimentaire normale, je n'ai rien repris. "Normal" chez moi, c'est "comme je le sens". Quand un paquet de bonbons acidulés me le demande gentiment, je le mange! Des chips : idem. Mais 90% du temps, ce sont des nourritures vraies, préparées maison.

Et cela sans me sentir jamais de jamais « en régime ».  A force d'en avoir fait, je ne supporte plus l'idée de « restriction cognitive ». Si je sens la moindre contrainte, je file vers une barre chocolatée !

Après cette première entrée en matière, j'ai assoupli le système stop&go en quasi-jeûnant 3 jours sur 7, me gardant les samedis et les dimanches libres pour les sorties. J'ai donc mangé maigre les lundi, mercredi  et vendredi. Les jours gras étaient les mardi, jeudi, samedi et  dimanche. Le planning des activités sociales à moyen terme est bien plus facile à ce rythme. 

 

Photo prise par Psychologies Magazine, avril 2014 (la dernière que j'aie trouvée avant de commencer le régime alterné).

              

Fin juin 2014, j'ai retrouvé mon image d'il y a quinze ans (devinez quelle photo aujourd'hui et en 2000?)

Je peux regarder mes interlocuteurs dans les yeux : « Alors les petits gars, il paraît que j'avais pas assez de volonté ? Hé, non, il me manquait juste une petite clef de douze…»
La petite clef de douze pour les madonnes? Le régime stop&go!

La cerise sur le gâteau, cerise inattendue : après 3 mois de cette pratique, bien des kilos et des centimètres de moins, j'ai arrêté le système, qu'il soit 1/1 ou 3/4.  Deux mois après -- je n'en reviens pas moi-même – je n'ai rien repris ni en poids ni en volume : toujours moins dix kilos, moins dix centimètres de hanches et de taille. Je mange ce que je considère un plan alimentaire normal, c'est-à-dire ce que je mangeais avant : des nourritures vraies, selon ma faim, sans contrainte, du chocolat quand ça me va, du gras en-veux-tu-en-voilà.

Ce test m'engage à confirmer ce que prétendent les inventeurs du système : ce « régime » rallume le thermostat bousillé, il relance le métabolisme basal**. Je suis peut-être redevenue « comme les autres ». Je pourrai remincir si je veux, quand je veux…

09.2016 Pour le suivi, j'ai pris une photo de Bibi en septembre 2016, après deux ans. J'ai rien repris, ou quasi. Incroyable pour une abonnée aux régimes qui sait que, dès qu'elle sort d'un régime, elle reprend tout le poids perdu.

12.2016 Depuis dix ans je cousais mes propres fringues, en version stretch vu la plasticité de mes formes. Ma famille se moque gentiment de moi car désormais je porte des "pantalons de bouffon". J'y crois tellement pas (au fait que je reprendrai pas ces kilos) que je ne me suis pas résolue jusqu'ici à reprendre mes pantalons. Dont acte:

Après deux ans et quelques, je pense que je peux y croire.

Chères madonnes, je vous invite à tester ce programme en groupe ou en couple, et à vous faire soutenir par un coach qui connaît la plate-forme. C'est tellement plus facile – d'autant plus que mon livre n'ayant pas encore paru à ce jour (mi-septembre 2014), les tenants et les aboutissants vous manquent. Trop de questions freineraient l'entrée en action.

Voir la liste des référents ad hoc.

Dans le livre à paraître, je déclinerai cette approche sous l'angle « profilage ». Nous ne sommes pas tous pareils, il faut adapter tout plan alimentaire selon le profil de chacun : l'identitité métabolique profonde tout autant que l'état organique que chacun vit.

Parmi les multirécidivistes de régimes (madonnes en tête), seule une minorité ne subit pas de défaut de la faim ou de la satiété. Ceux-là pourront commencer le régime alterné dès demain. La majorité devrait se faire aider, car quasi-jeûner relève pour eux d'une impossibilité, si pas d'une souffrance. Si vous êtes un de ceux-là, je propose deux options.

1/ Soit commencez par une cure de quinze jours comme Décrochez des sucres ou Retour au calme (la paléo individualisée). Ou encore, pour les cas très abîmés par la vie, par une version exponentielle de ces deux cures cumulées, sous la forme de « Retour à soi » -- livre à paraître mi-mai; certains référents en connaissent déjà les principes et peuvent vous suivre. Cette cure dure de 4 à 8 semaines (ou plus, selon affinités) et consiste à pratiquer une forme stricte et très chronométrée de la paléonutrition. L'objectif ? Remettre à zéro les compteurs leptine/ghreline & Cie et reprogrammer l'hypothalamus. On en sort différent, on ne connaît plus ces fausses faims qui nous taraudent une heure après avoir mangé un bon repas, on ne se lève plus la nuit pour grignoter… C'est LA cure de recalibrage pour les mangeurs qui sont devenus résistants à la leptine au fil des régimes et dont les ressorts vitaux sont compromis.

NB. Chez les résistants à la leptine, les grignotages ne dérivent pas d'un manque de volonté, mais d'un état physiologique: un état défaussé des récepteurs de leptine. Le cerveau ne reçoit pas l'information de la satiété, il continue à ordonner de manger, craignant pour sa survie ! Tant que le circuit de communication n'est pas rétabli chez le leptinorésistant, il est vain de vouloir suivre n'importe quel mode alimentaire contraignant. La faim est fausse, mais très réelle! Irrésistible, puisque c'est le cerveau qui commande. Il faut donc d'abord réguler cette résistance hormonale avant de commencer le régime alterné.

2/ Soit, si vous avez peur d'avoir faim les jours maigres (le cas des compulsifs alimentaires, souvent), commencez le régime stop&go en vous aidant de L-glutamine (pour les D1) ou d'extrait de bourgeon de figuier (pour les D2). A l'inverse de la cure "Retour à soi", ce sont des béquilles: si vous arrêtez, vous replongez. Mais ce sont deux outils très efficaces pour inhiber les compulsions alimentaires. Je ne transmets pas la posologie, c'est affaire de praticien.

3/ Soit "entrez en cure" en pratiquant une forme de jeûne intermittent . Organisez votre quotidien pour réduire les fenêtres alimentaires:

  • première semaine: prévoyez de consommer vos deux à trois repas entre 9h du matin et 18h le soir (9 h de plage horaire, 15h de repos digestif);
  • deuxième semaine: réduisez la plage en postposant le petit déjeuner d'une heure ou deux (7 à 8h de plage)
  • troisième semaine: ne commencez à manger qu'à midi; dernier repas à 18h (6h de plage)
  • quatrième semaine: vous êtes prêt pour le régime stop&go

Voilà qui ressemble au jeûne intermittent des sportifs... Certes, mais non seulement ce système ne fait hélas pas maigrir la plupart des femmes, mais bien les hommes au principal, mais il est certainement vain pour les madonnes. Raison pour laquelle on a recours au stop&go.

Définitions:

  • "Retour à soi" relance le métabolisme désaxé. C'est un régime très codé, très contraignant ; mais il ne dure que quelques semaines et le succès vous attend au sortir de ce petit tunnel ! Cette cure n'est praticable QUE SI VOUS êtes suivi par un coach, car elle est très dure.
  • Le régime stop&go est la manivelle qui relancera, par un choc calorique proche du choc thermique du sauna, un système endormi. On peut pratiquer ce mode alimentaire seul, en famille ou, mieux encore, en groupe.

Le détail

L'info détaillée ne manque pas. Quantité de vidéos, d'articles, d'extraits de livres sur ce régime alterné, sous l'intitulé "5/2" ou "5:2", version du régime où l'on mange normalement 5 jours et maigre 2 jours. S'il en faut, je conseille un des livres en français ici. Je résume ci-dessous larga mano le stop&go, ma variante, où j'insiste sur les nourritures vraies, sur l'écoute de soi et sur la liberté qui s'ensuivra, ce qui me démarque du monde du 5/2:

  • alterner 1 jour maigre avec 1 jour normal, qu'on appelle "gras"
    car les multirécidivistes de régimes ont tendance à croire que "jour normal" signifie peu manger et manger maigre. Or, pour que le système fonctionne il faut manger presque trop le jour gras...
    après un mois, si c'est efficace, passer en rythme 4/3 ou 5/2
  • le jour maigre: 500kcal pour les femmes, 600kcal pour les hommes
    peu importe la source des calories, du moment que vous choisissez les aliments qui vous densifient le plus
    ne manger que deux fois par jour, en commençant à midi: soit 400kcal à midi et le reste le soir, soit l'inverse
  • le jour gras: manger très nourrissant, sans réduire les graisses, mais elles doivent être originelles (stop & go est une version ressourçante de ces programmes 5/2)
    pour le reste, on mange ce qu'on veut, pas besoin de viser une "alimentation saine" comme le préconisent quasi tous les maîtres à manger 5/2 (sauf mosley)
    le jour gras, ne commencer le premier repas qu'à midi, comme en jour maigre; manger ensuite en deux ou trois repas
  • la seule difficulté: les compulsions alimentaires, la restriction cognitive, la volonté de trop bien faire, les cibles exactes de ce programme, les attentes et les déceptions, pourquoi les échecs, les plateaux, la peur d'avoir faim ou de mal faire et surtout, comment individualiser ce programme pour enfin sortir des régimes - tout ce qui fera l'objet du livre final

 

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