taty lauwers

cuisinez selon votre nature

En recherche d'un "devenir soi" nutritionnel... Lire la suite


"Pour qui sonne le gras?"
nouvelle édition 2016

Des biscuits aux graines de lin?

Réponse à une copine qui me demande: "Jc me fait des biscuits  sucrés et d'autres  salés.  J'aime bcp les salés  qui sont composés  de bcp de lin . Mais voilà  il semblerait que la toxicité  du lin soit discutée.  Du coup j'aimerais avoir ton avis là dessus ? Lin cru , lin cuit ?"

J'adore faire le courrier des artères sur le ton du courrier du coeur de Ménie Grégoire.
Parmi les graines, le lin est la plus puissante dans ses effets thérapeutiques (lignanes anticancer, entre autres)
elle est donc la plus délicate à gérer
juste comme nous deux, tu vois: puissantes et délicates...
Son huile est très riche en oméga3 mais elle rancit très vite, au point qu'elle a été interdite en France pendant de longues années
Si on la garde, c'est au frigo, et  6 semaines maximum. Les gens ne le savaient pas, et ingéraient de l'huile quasi toxique.
Chez nous, les magasins bio la vendent d'ailleurs en toutes petites bouteilles pour cette raison.

Quand je donnais mes cours de cuisine saine à domicile à Bruxelles, il y a vingt ans, et quand je trouvais de l'huile de lin chez la maîtresse de maison bio qui recevait, un coup sur deux la bouteille n'était pas au frigo. Et dans 100% des cas, quand je la goûtais, elle était rancie.
De surpuissante cette huile devient vite surtoxique, tu vois. Tant mieux pour moi, car je l'utilise en peinture à l'huile -- il ne faut pas de grands effets de manche pour que je la transforme en vernis, ce beau glacis à la Van Eyck (mon hobby: je recherche la technique de Rembrandt, en suivant quelques Américains curieux, Rembrandt qui obtenait de beaux glacis sans solvant, uniquement en travaillant l'huile en profondeur).

Pour la transformer en vernis, il ne suffit pas de la garder trop longtemps à température ambiante ou même au frais. Il suffit de la cuire, tiens!
Regarde en image sa teneur en oméga 3 sur ce graphique-ci

Conclusion: lin cru et en petites quantités, pas tous les jours, de préférence en graines entières comme tu fais (fais-en une forme de gomasio avec ton jazz max!)
Pour ton excellente idée de biscuits salés ou sucrés: toutes les autres graines

NB. JC peut relayer sur ses forums, il faut faire passer l'info car plus personne ne semble au courant. Et, pour le coup, ce n'est pas une question de ressenti nutritionnel ou d'émotion, c'est du factuel pur.
signé: Jiminy Cricket



Extrait de mon livre Petits matins ressourçants (page 59 sur la crème Budwig)

***Graines de lin***
Les graines de lin jouent un rôle très utile dans les intestins, elles n’en sont pas que le balai, bien qu’elles en soient les championnes. Employez-les de manière ponctuelle dans cette crème, à la place des amandes (« ponctuelle » signifiant « pas tous les jours »), car elles sont des remèdes trop puissants hors maladie grave.
Elles rancissent moins vite que l’huile de lin, qui fut par ailleurs longtemps interdite en France à cause de sa trop rapide dégradation qui la rend toxique.
Cette version-ci propose de l’huile de tournesol car l’huile de lin est réservée aux cas de maladie auto-immune ou cancer. Il est un peu cavalier de les conseiller à tous les mangeurs, cette huile est un apport trop riche en acides gras essentiels de type omega-3 pour être utilisée au quotidien.

ciao! je reprends de la lecture ci-dessous, car je transfère cette réponse sur mon blog

extrait de mon topo Pour qui sonne le gras? p. 102

**Cuire de l’huile de lin ?**

En réseaux de santé, on propose parfois de consommer du pain avec des graines de lin ou un mélange spécial d’huile, dont de l’huile de jeune lin. Quelques sites macrobiotiques américains communiquent même des recettes de légumes cuits à l’huile de lin ! Cette huile a été interdite dans certains pays car, malgré son effet thérapeutique remarquable, elle peut provoquer des troubles de santé : les amateurs continuaient à l’utiliser alors qu’elle était rance, situation qui la rend d’autant plus toxique qu’elle est très thérapeutique à l’état frais. L’huile de lin rancit à la vitesse de l’éclair, en quelques semaines, même au réfrigérateur*1.

Si l’on veut la rancir encore plus vite, la meilleure solution est de la cuire. Elle ne le supporte pas. Non seulement vous ne bénéficierez plus de ses vertus de base, mais vous ingérerez l’équivalent d’un « vernis ». En effet, plus une huile est riche en acides gras polyinsaturés, plus elle produit des hydroperoxydes lorsqu’elle est chauffée/oxydée ; ces composés toxiques sont néfastes pour la santé. Tout comme les acides gras trans, ils engagent une cascade de radicaux libres et désactivent des enzymes. Le résultat : des inflammations tissulaires qui peuvent se traduire sous forme des mille et uns petits bobos de tous les jours (dermatites, brûlant, etc.) ou de désordres organiques plus sérieux.



*1 Les indications du fabriquant indiquant une conservation de « 6 semaines » sont calculées avec des réfrigérateurs professionnels à 4°C. Après une petite étude curieuse, thermomètre en mains, je n’ai pas encore trouvé de matériel ménager ordinaire chez mes copines qui atteigne ses niveaux idéaux. On trouve souvent autour de 10°C, quand ce n’est pas 15°C !


Extrait du même livre sur le sujet des omégas 3, histoire d'être complète - p. 23

Tous les conseilleurs ne sont pas lipidophobes. Certains praticiens naturo ajoutent au quotidien de leurs patients épuisés chroniques quantité d’huiles. Chouette… mais hélas ! ce sont souvent des gélules d’huiles de poisson ou de l’huile de noix, quand ce n’est pas de l’huile de lin. Car les oméga-3, bien sûr (p. 95). Kfoui ! Ne faites pas les frais d’une mode, commerciale qui plus est.
Si vous consommiez auparavant beaucoup de graisses saturées, c’est une bonne idée de rééquilibrer les circuits des polyinsaturées en surdosant ces dernières, le temps d’une cure.
Mais de là à pratiquer ainsi en permanence ce que conseillent ces mêmes thérapeutes... Thérapeutes qui interdisent généralement de consommer des graisses saturées (beurre, fromages, coco, etc.), avec pour conséquence un sérieux déséquilibre dans les rapports de matières grasses. Ce qui peut passer chez un bien-portant risque de bouleverser la biochimie d’un personne en maladie chronique.
Chez la plupart des fragilisés, le corps n’a parfois même plus les ressources pour métaboliser les huiles végétales. Chez certains, le fait de surdoser ainsi la voie des Ω−3 provoque même des inflammations au lieu de les calmer.

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