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Fruits de la vie

Faire du jus de végétaux non bio?

Pulpe et résidus (pesticides)

Par Taty Lauwers le samedi, 20 septembre 2006, 07:27

Question lecteur. Est-il vrai que les pesticides des légumes non-biologiques restent dans la pulpe lors de l'extraction et ne vont pas dans le jus ce qui rendrait les légumes ordinaires consommables en jus?

Ma réponse.  Bonjour. L'importateur me fait suivre votre question. Dieu sait si je voudrais pouvoir répondre « oui », ça leur ferait vendre pllllein de Jazz Maxs sans devoir beaucoup réfléchir. Hélas, je crains fort que cette information ne tienne de la rumeur. Elle provient, semble-t-il, d'un livre de Norman Walker dont j'ai fait une recension sur le site et dans Fruits de la Vie. Norman Walker avait beau être docteur en chimie, il a peut être été tenté par le diable de la facilité et, pour pousser ses auditeurs/lecteurs à se lancer dans la belle aventure des jus, a créé cette fiction que les pesticides peuvent contaminer la pulpe mais pas le jus. C'est à cause de cette rumeur que certains amateurs de jus filtrent le jus à la grille du Jazz Max de manière à écumer toute la pulpe restante. Laborieux pour un effet minime, non ? 

Que peut-on savoir de sûr en la matière ? 

# Même quand les pesticides restent dans la pelure sans pénétrer dans la pulpe, vos mains sont contaminées par 14% des résidus (moyenne calculée par Greenpeace) lorsque vous les pelez, elles-mêmes contaminent alors le légume ou le fruit pelé par après. 

# L'effet des pesticides et autres intrants sur le fruit/légume traité est que ce dernier est plus pauvre en nutriments, souvent parmi les plus essentiels (magnésium, silice, etc.). 

#Une partie des nouveaux produits sont systémiques et donc contaminent même l'intérieur du végétal. Presser des jus non bio équivaut à peu près à presser du jus de pesticide... . Je ne pratique jamais ainsi, ne fût ce que pour continuer à financer le bio à ma manière, mais libre à chacun de faire son petit examen de conscience. Voilà ce que j'ai pu réunir comme informations utiles sur le sujet. Je suis ouverte à toute nouvelle notion raisonnée. 

(réponse du lecteur. Merci pour la rapidité de votre réponse et pour sa pertinence ; d'accord pour plus d'info à ce sujet. merci pour la qualité de votre site et l'énergie que vous y consacrez. je trouve important de savoir à peu près ce qu'on fait quand on le fait. . je ferai bientôt parti de votre confrérie, c'est sûr. . merci beaucoup et à bientôt) 

Ajout d'un cher ami, consultant en biodynamie, que j'ai consulté à ce sujet. « ''Le problème est complexe. Pour quelques produits de traitement minéraux des végétaux dont ceux qui sont employés en bio comme le cuivre et le soufre, le silicate de soude, le permanganate de potassium ou encore quelques pesticides agissant par contact, il est vrai que cela reste à la surface des fruits et légumes et que le lavage en élimine déjà une bonne partie. L'épluchage peut être un complément d'assainissement avec l'inconvénient d'enlever un grand nombre de molécules intéressantes dont les anthocyanes, une partie des flavonoïdes et surtout la silice et autres éléments minéraux contenus dans les cuticules. Les couleurs des pelures de fruit sont colorées et aromatiques, elles contiennent aussi des tanins et autres substances qui sont probablement porteuses des forces cosmiques (dixit Steiner), faut il abandonner cela à la poubelle ou au compost? 

Pour ce qui est des nouveaux pesticides utilisés en agriculture conventionnelle dite "chimique" qui sont apparus depuis les années 1970, il s'agit de molécules organiques qui n'agissent pas par contact mais qui sont le plus souvent des systémiques. C'est à dire qu'elles pénètrent dans la sève et se répandent dans toute la plante. C'est le cas de quasiment tous les herbicides, insecticides et fongicides modernes. Aujourd'hui même certains nouveaux produits à base de cuivre par exemple sont fabriquées en alliant le cuivre à des molécules organiques qui permettent un tel effet systémique (gluconate de cuivre par exemple). Je n'apprécie pas du tout ces nouveaux produits pourtant autorisés en bio, extrêmement efficaces mais pénétrant dans les cellules des plantes. 

Pour ce qui est des produits dit naturels, c'est à dire les extraits végétaux (purins, tisanes, thés de compost) y compris les huiles essentielles qui pour la plupart agissent aussi en pénétrant dans les cellules des plantes, je n'ai pas d'objection car ils sont en général métabolisées très vite et les doses employées sont si faibles que cela reste très inférieur aux quantités que l'on pourrait employer en cosmétique ou en thérapie (par exemple 100 ml d'HE par hectare de vigne pour l'huile essentielle de lavande qui seront lessivées en partie, métabolisée pour une autre partie et le reste sera dilué dans 4000 à 7000 litres de jus. C'est pourquoi les extraits végétaux y compris les HE sont autorisés dans tous les pays du monde et sont inscrits sur les listes positives du "codex alimentarius". 

Je ne crois pas une seule minute le fait que les fibres accrochent les pesticides résiduels organiques issus de la chimie de synthèse. C'est vrai que dans la description qui est faite de leur activité, il s'agit souvent d'action sur les membranes. Mais les systémiques agissent d'abord en intracellulaires et pour les herbicides par exemple, bloquent les transferts d'énergie nécessaires à la synthèse des glucides. Dans les jus extraits, les pulpes sont des fibres et des vaisseaux conducteurs cellulosiques mais dans un jus même le mieux pressé du monde (Jazz Max oblige!!), il reste sans doute beaucoup de membranes cellulaires. 

Pour les insecticides, les insectes s'empoisonnent en suçant la sève,ou les sucs cellulaires : le fameux jus de légume ou de fruit que tu recommandes. Donc dans ce cas aucun doute, tu les consommes même avec le jus le plus filtré du monde. Dand les vins qui sont des jus de fruits fermentés, il n'existe a ma connaissance aucune différence analytique 'entre un bourgogne issu de la culture chimique, biologique ou biodynamique. Pourtant les différences organoleptiques sont sensibles. Les connaisseurs parlent de tension, de minèralité, d'assimilabilité, d'accord avec l'organisme du buveur, de plaisir subtil. Tout cela sans différence analytique. Donc il existe bien, soit des traces non analysables, soit une mémoire des substances qui ont fréquentés ces différentes vignes. Et on voudrait me faire croire que cela n'a pas d'incidence sur moi. Mon organisme me parle et me dit mais bien sûr que si. 

Je ne voudrait pas faire a l'importateur un discours sur la nécessité de consommer bio ou biodynamique par simple comportement éthique. Car où vont donc les pesticides employés pour cultiver ces "légumes ordinaires" il vont dans notre eau, dans notre air, dans nos déchets , nos composts urbains, etc. Alors un peu de cohérence que diable!!! Ma réponse n'est pas assez "scientifique" pour être publiée, mais peut être t'apportera t'elle de quoi alimenter de nouveaux questionnements. C'était plutôt un genre de sermon pour la semaine sainte. Tu devrais consulter François Veillerette du MDRGF qui connaît peut être des détails sur ces sujets ''».

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