taty lauwers

cuisinez selon votre nature

en quête d'un devenir-soi nutritionnel

Diète cétogénique: pour qui? pourquoi? p. 79

Cet automne, je publierai régulièrement des brouillons de mon livre à paraître sur le sujet, comme c'est mon habitude. Si j'écris des âneries, c'est le lot des brouillons. Ils seront relus et corrigés, vous aurez la version épurée dans le livre final.
Executive summary: voir mon pitch.
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Aujourd'hui: Comment juguler une récidive

  Les Inuits en cétose?

5.12.2017 Si les mantras répétés ad nauseam en diététique classique sont exaspérants (mangez maigre pour devenir maigre...), les prières lancinantes dans l'aquarium de la nutri alternative ne sont pas plus enthousiasmantes. Je suis titillée quand je lis les mêmes arguments répétés à l'infini par des discoureurs cétophiles: les nourrissons sont en cétose, les Inuits sont en cétose. Alors hein, c'est bon pour la santé... Tiens, tiens, me dis-je. Et si on vérifiait?

J'ai vérifié chez ma petite fille de six mois, allaitée par une maman tout bio: tigette sur l'urine telle qu'elle sortait, sans toucher le lange. Résultat: pas de cétose. On n'a pas reproduit l'expérience sur la pauvre petite choupinette, trop casse-pieds, mais je serais curieuse que d'autres mamans fassent le test. J'ai écrit à la délicieuse et brillante Amber de Ketotic.org à ce sujet: pas de réponse, elle n'a pas pu me pointer les études qui démontraient la cétose des enfants (ce qui est un de ses mantras). Or, elle est une machine à dépiauter les études.

Les Inuits? Même de brillants chercheurs répètent cet argument. J'en ai interrogé un particulièrement enthousiaste, il ne peut pourtant pas confirmer que l'on a bien évalué la cétose ches les Inuits. Ces auteurs déduisent que les Inuits sont forcément en cétose, vu leur alimentation au quotidien. How very funny, des postulats en science exposés en preuves?

J'ai une biochimie assez particulière, qui réagit très bien à la cétose en cure. Je ne la pratique pas en permanence car lors de la plus longue cure cétogénique que j'ai faite (3 mois en automne 2016), j'ai développé des taches sur la peau du visage, taches qui n'ont pas disparu à l'arrêt de la cure. J'ai arrêté après 3 mois par ennui tout simplement (quel triste horizon gustatif!), mais aussi parce que l'état de survoltage qu'engendre chez moi la cétose me semble artificiel. Je suis revenue à mon assiette idéale: une alimentation très ressourçante (canari oblige), peu glucidique (environ 40-50 grammes de glucides par jour, soit 4 à 5 unités sucres selon ma terminologie). Personne ne pourra démontrer que ce qui suit est avéré ou non, mais j'ai l'intuition profonde que le vieillissement accéléré que je connais depuis 6 mois est dû à cette passe excessive. On dérègle les boulons d'un côté, ça tiraille de l'autre côté de la machine, ça me semble une évidence. Vieillissement accéléré: les rides du visage sont bien plus marquées, je récupère moins vite, j'ai l'immunité dans les baraflates. Là où d'habitude, si je sens poindre un gros rhume ou même une grippe, je l'étouffe dans l'oeuf en deux jours avec mes petites techniques (jeûne au bouillon d'os, repos, lavement Kousmine, vitamine C à haute dose et huile essentielle), ces astuces légères n'ont plus été efficaces ce début octobre.Trachéite tombée en bronchite qui frôlait la pneumonie: recours aux antibiotiques, aussi inutiles que si je prenais des bonbons. J'ai mis 2 mois à en sortir. Cet fut un automne stressant au plan émotionnel, mais ce n'est pas une explication à mes yeux, puisque ma vie n'est qu'une longue série d'agressions, j'ai l'habitude. Fin de la parenthèse perso.

Je vous invite à écoute le formidable Chris Masterjohn, docteur en nutrition, nous exposer en vidéo pourquoi l'évolution ne veut pas que l'humain soit en cétose permanente. Vous y découvrirez que la toute grande majorité des habitants du Grand nord ont un défaut génétique qui les empêche d'entrer en cétose facilement. Des tests sur des enfants Inuits démontrent qu'après 24 heures ils n'ont toujours pas développé de corps cétoniques (voir graphique ci-dessous). Regardez au moins ces 2 minutes du cours de nutri numéro 2.37 chez Chris Masterjohn à partir de la minute 18.50.

De préférence regarder toute sa vidéo Inuit Genetics Show Us Why Evolution Does Not Want Us In Constant Ketosis, pour une argumentation solide:

Voir traduction FR

Retour à mon pitch: faites ce que vous voulez de votre corps, faites du saut à l'élastique, jouez avec les frontières de l'humain si cela vous tente, mais primo ne blessez pas vos enfants avec des modes alimentaires aberrants et secundo ne prétendez pas que c'est "naturel". La cétose n'est efficace à mes yeux qu'en cure, en diète cétogène ou en jeûne. La cétose permanente ne convient qu'à des cas rarissimes, et encore pas toujours: accompagnement des traitements du cancer (seule, elle n'est pas efficace), troubles bipolaires et bien sûr épilepsie résistante aux traitements.

Traduction FR

traduction Fr automatique via le compte fb de Masterjohn: Pourquoi les inuits n'ont-ils jamais été en cétose, malgré leur régime traditionnel de graisses ?

Cette question est traitée dans cette leçon. La réponse fournit un exemple étonnant de l'évolution humaine et indique clairement que l'évolution ne veut pas "nous" dans un état constant de cétose.

Le CPT-1 a est un trouble génétique dans la capacité de faire des cétones et de tirer de l'énergie des acides gras nécessaires pour faire du glucose pendant le jeûne. Sous sa forme sévère, il est extrêmement rare, dangereux, et fatal si elle n'est pas traitée avec des aliments fréquents et souvent un régime glucides et allégé.

Une forme beaucoup plus légère de CPT-1 une déficience connue sous le nom de "Variante Arctique" N'est trouvée que dans l'arctique et elle est presque universelle dans l'arctique. Il cause une grave atteinte à la capacité de faire des cétones, augmente considérablement le risque de développer l'hypoglycémie tout en jeûne, et provoque une augmentation de la mortalité infantile trois fois plus importante. Pourtant, pratiquement tous les habitants de l'arctique l'ont, et il est généralement asymptomatiques.

Ce qui est tout à fait étonnant, c'est que cette variante a pris en charge l'arctique dans l'un des plus forts sélective sélectifs jamais documentés chez l'homme. Cela signifie que l'évolution a jugé cette variante mieux adaptée à l'environnement arctique que presque aucun gène humain n'a jamais été adapté à un environnement.

Comment une altération du métabolisme de la graisse peut-elle être adaptée à un environnement qui force un régime gras sur ses habitants ? Regardez la vidéo complète pour le découvrir.


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