taty lauwers

cuisinez selon votre nature

En recherche d'un "devenir soi" nutritionnel... Lire la suite

Diète cétogénique: pour qui? pourquoi? p. 30

Cet automne, je publierai régulièrement des brouillons de mon livre à paraître sur le sujet, comme c'est mon habitude. Si j'écris des âneries, c'est le lot des brouillons. Ils seront relus et corrigés, vous aurez la version épurée dans le livre final.
Executive summary: voir mon pitch.
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Aujourd'hui: La cétogénique contre le cancer

1.2 La cétogénique contre le cancer

Le dossier du mois s'intitule "Diète cétogénique: pour qui?". Les cas où l'on peut presque automatiquement conseiller la diète cétogénique sont les cancéreux en traitement ou après traitement, quel que soit leur profil. Ils pourraient certes jeûner, mais cela ne peut durer trop longtemps, n'est-ce pas? En outre, ils sont souvent cachexiques, on ne voudrait pas les voir trop se fragiliser.

De nombreuses expériences permettent de justifier le choix de la cétogénique contre le cancer, les hypothèses abondent pour expliquer les mécanismes. Le tout est d'accepter que cette maladie dégénérative est non pas une malédiction génétique, mais bien une maladie métabolique: les mitochondries étouffent, sont asphyxiées et empêchées de fonctionner.

C'est si sûr? Ecouter la chercheuse Adrienne Scheck dans son intervention "The Ketogenic Diet as an Adjuvant to Standard of Care" lors du colloque Epigenix:

 

Il manque d'autres géniales Adrienne Scheck dans la recherche cétogénique contre le cancer. Son discours en gros, "j'étudie le cancer comme maladie génétique depuis trente ans. On m'annonce que le cancer est plutôt une maladie métabolique de la mitochondrie. Je dois tout bouleverser? Non... les deux camps ont raison! C'est 100% métabolique et 100% génétique. Le cancer commence comme désordre de la mitochondrie, qui engendre les défauts génétiques". Pardon, professeur Scheck, de réduire votre discours, mais c'est l'essence de ce que j'ai compris.

Cela rejoint Boris Cyrulnik qui énonce que les désordres psy sont 100% acquis, 100% innés. Sur le ton de la blague, mais c'est un changement de paradigme puissant, qui nous invite à sortir du raisonnement binaire habituel. Transposez cela en image comme le yin yang et tout d'un coup, cela devient plus clair.

Je ne suis pas une pro du domaine, mon intérêt provient simplement de mon envie de me prémunir d'une rechute de cancer. J'ai besoin d'harmoniser les concepts qui s'entrechoquent dans mon cerveau si je veux que la diète soit efficace. La brillante Adrienne Scheck m'a beaucoup aidée sur ce plan.

NB. 7/2 Je viens d'écouter la chercheuse Angela Poff (USF) exposer la même hypothèse dans un interview sur youtube
Tiens, deux femmes! Et dire que j'ai écouté et lu au moins cent interventions sur le sujet particulier "nutrition céto et cancer", en gardant ce curieux sentiment de deux camps opposés, ce qui m'indispose profondément. Cela amuse l'ex féministe que je suis, qui aime jouer avec les catégories. Depuis que je suis les diverses mouvances en nutrition, je vois deux caricatures, surtout aux Etats-Unis: le masculin/Mars est catégoriciste ("c'est ma voie seule qui compte, n'y changez pas un iota, vous suivrez mon train et pas un autre") et le féminin/Vénus est plus harmonisant (le yin-yang ou, pour continuer la métaphore du train, elles sautent d'un train à l'autre selon la vitesse du vent). Cela mérite un débat bien plus touffu, mais c'est si évident que c'en est presque drôle. Des exceptions confirment la règle, comme le docteur Laurent Schwartz en France..