taty lauwers

cuisinez selon votre nature

en quête d'un devenir-soi nutritionnel

  L'intolérance à l'histamine : ne voir que la pointe de l'iceberg

28.6.19 Je rebondis sur un des sujets survolés dans mon billet "Les mythes urbains : « intolérance » aux salicylates et aux amines ou l'effet sérendipiteux" ainsi que sur une question de lecteur. Lorsqu'on m'interpelle sur le net en affirmant "je suis intolérant à l'histamine", je ne réponds en général pas. Pourquoi ? Lorsque j'ai étudié la nutrition en autodidacte, de manière dense et accélérée, j'ai vite compris trois choses.

NB. Ce brouillon d'article sera revu et intégré dans le topo expert à paraître sur le sujet des "canaris": "Repenser l'assiette du mangeur atypique".Mais il pourrait tout aussi bien faire partie d'un autre topo à paraître "Végétarisme et bon sens", car l'éclairage que j'apporte est utile dans les deux cas: remettre sur pied un mangeur fragile de naissance ou fragile par acquit (souvent le cas de végétariens "malgré eux).

Lorsqu'on m'interpelle sur le net en affirmant "je suis intolérant à l'histamine", je ne réponds en général pas. Pourquoi ? Alors que depuis la première édition de "Canaris de la modernité", j'ai suggéré la possibilité de cette intolérance réelle chez certains canaris... Lorsque j'ai étudié la nutrition en autodidacte, de manière dense et accélérée, j'ai vite compris trois choses.

1/ Nous sommes aux balbutiements de la nutri, c'est encore un art, si ce n'est une religion.

Tant d'informations contradictoires, même parmi les chercheurs ! Comment faire le tri ? Je n'ai trouvé comme solution que celle de s'écouter et de tester sur soi, pendant de très courtes périodes. Ce qui, à mes yeux, est le seul moyen de valider l'une ou l'autre info. Boire beaucoup d'eau ? Testez ! Manger des fibres ? Testez ! Passer en végé ? Testez ! En low-carb ? Testez ! C'est d'un simple ! En quinze jours, on voit les effets rapidement, on sent vite la jubilation ou la tristesse cellulaire d'un choix particulier.

Voir le détail technique en fin de billet

Il s'agit aussi de trier ceux qu'on suit. Les grands discoureurs oublient souvent de nous indiquer « leur église », càd leurs croyances fondamentales, celles qui biaisent leur discours malgré eux. Prenons deux exemples d'aujourd'hui. Vous suivez le pharmacien Raphael Perez, car vous êtes rassuré par son diplôme. Ecoutez-le mais gardez à l'esprit qu'il est un hygiéniste convaincu (mouvance Désiré Mérien) ; hygiénisme qui est une religion en soi et non de la nutrition. Ou vous suivez Julien Venesson, qui est structuré, logique, documenté dans ses interventions. N'oubliez pas qu'il « croit » en la paléo et l'éviction du gluten absolu. Du moins c'était encore le cas quand je l'ai rencontré à Paris et lors d'une dernière intervention sur France Inter.

Tous deux sont parfaitement de bonne foi lorsqu'ils transmettent des données pour vous convaincre de changer. Ils ne sont pas cyniques. Je ne peux que vous inviter à garder le discernement et faire le tri. Ne négligez pas le fait non plus qu'un pharmacien comme Perez n'a aucune formation en nutri, ou qu'un Venesson a un bac S, tout comme moi. Cela n'en fait pas un nutritionniste. Leur discours porte tout simplement par un effet d'autorité et de verbalité.

Comme je l'expliciterai dans le prochain billet, ne comptez pas sur mes topos pour comprendre un sujet en nutri depuis les bases. Je n'y expose que ce que j'ai compris parmi mes explorations, sous un éclairage latéral et pédagogique. Je compte sur les fondamentaux (classiques ou alternutri) pour vous exposer les bases. Par exemple je ne détaille pas les bases de la digestion, mais bien ce qu'un praticien peut retenir comme explication rigoureuse lorsqu'il veut aider un client à comprendre pourquoi il doit changer son assiette. En l'occurence "la dysbiose expliquée à ma fille" dans le topo expert "Sortir de la cacophonie gastrique". Un gastroentérologue serait bien surpris de lire ce petit chapitre car je n'y expose qu'UNE des hypothèses pour expliquer la flambée de dysbiose. Hypothèse édifiante si l'on en juge par les résultats sur le terrain quand ce programme est bien ciblé. Mes topos ne sont pas un cursus complet. Dans chacun, je communique des sources de livres qui sont plus fondamentaux.

Depuis plus de 20 ans, je n'ai encore trouvé qu'un seul intervenant qui ne soit pas guidé par des croyances mais bien par les faits. J'en suis désolée pour les monolingues, mais il est Américain : je présenterai plus loin le travail de Chris Masterjohn, docteur en nutrition. Si vous connaissez un Masterjohn français, je suis amateur. Il faut qu'il soit primo muni d'un doctorat en nutrition et secundo libre de croyances en l'un ou l'autre régime. Ah oui un petit tertio : qu'il privilégie les aliments sains plutôt que les potiquets. Exit donc les excellents Rondini, Curtay, etc. Le cas Masterjohn est si capital pour nous, qui "croyons" dans la puissance des nourritures vraies et dans les capacités d'autoguérison du corps, que je lui consacrerai un ature billet encore.

2/ Nous sommes tous différents et la nutrition nous offre un programme prêt-à-porter.

Absurde, n'est-il pas ? La solution est à nouveau toute simple : testez sur vous-même l'effet de l'un ou l'autre programme, qu'il soit à la mode comme le végé ou relativement inconnu comme le Stop & go que je promeus. Tout de blog n'étant axé que sur l'individualisation des programmes, ce qu'on peut appeler le profilage alimentaire, vous y trouverez mille et une sources d'infos.

3/ Les carences et subcarences nutritionnelles sont une des clefs essentielles.

On peut remonter la source de quasi tous les soucis de santé d'aujourd'hui à des carences nutritionnelles, carences qui peuvent être tamponnées si l'on choisit un menu varié de jour en jour, riche en nourritures vraies et couvrant toute la fourchette des possibles : depuis la viande et les abats jusqu'aux légumes à feuilles vertes en passant par les algues. Ces carences parfois parfois sont des subcarences dans la mesure où les apports d'une vitamine X sont corrects selon les tables de la loi en nutrition mais largement insuffisants si l'on évalue les besoins réels d'un sujet X ici et maintenant. Ce sujet peut être spécialement fragilisé et ne plus bien métaboliser les excellents aliments qu'il choisit.

Il peut être, de naissance, victime d'un polymorphisme génétique : il ne code pas telle ou telle protéine, en conséquence son organisme ne produit pas les réactions biochimiques prévues dans les manuels de nutrition. Un exemple ? Il a beau consommer des légumes rouges pour se procurer de la vitamine A, son corps n'en veut pas. Il voudrait de la vitamine A préformée, que ce sujet trouverait dans le beurre bien élevé et dans le foie, ces aliments qui avaient disparu de nos assiettes modernes.

Mon hypothèse, non documentée car peu étudiée encore: ces carences ne sont pas dues à une assiette mal gérée, il se pourrait que des additifs, des polluants, des stress, des réactogènes personnels (comme les moisissures) inhibent la synthèse des vitamines, minéraux et cofacteurs essentiels. Il ne s'agira donc pas de simplement prendre un complexe vitaminé, il faudra étudier tout l'environnement. Ce que fait, systématiquement, l'ami masterjohn.

Revenons au sujet du jour : l'intolérance à l'histamine.

La réponse des coachs et blogueurs me semble être « évitez toutes les sources d'amines ». Je déduis ce fait des questions des lecteurs, qui n'envisagent pas que leurs symptômes sont dus à d'autres sources, comme une incapacité à gérer les multiples stress de la vie moderne conjuguée à des subcarences quasi généralisées. Cette solution monobloc est séduisante, mais conduira à d'autres carences encore, à d'autres stress sociaux (qui peuvent aller jusqu'à l'orthorexie ou l'incapacité de ne plus rien digérer). Et ne résoudra pas le problème à la source !

Chris Masterjohn, docteur en nutrition

Je vous invite à appréhender la complexité du sujet « histamine » en suivant l'ami Masterjohn dans ses explications limpides et très pointues. En anglais uniquement. Demandez les sous-titres de vidéo sur YT – voir comment dans mon billet ad hoc http://www.taty.be/articles/YTsoustitresFR.html.

Vous pourriez vous abonner à ses cours de nutrition et télécharger la transcription de la vidéo, puis la faire traduire par le robot qui vous plaît le mieux sur le net. L'abonnement est de 13$ environ par mois, ce qui est dérisoire si l'on évalue la qualité de son cours. Si vous êtes en budget serré comme Bibi, vous pourrez vous organiser pour prendre l'abonnement un mois où vous avez du temps : téléchargez tout ce qui vous intéresse parmi ses cours, puis annulez la reconduction tacite de l'abonnement. Désolé, Chris, si j'avais le budget, je garderais l'abonnement un an évidemment. Et merci infiniment de ce partage extraordinaire.

Chez Masterjohn, vous comprendrez que ce qu'on appelle intolérance à l'histamine peut survenir lorsqu'un faisceau d'éléments convergent. Si vous manquez de cuivre, de vitamine A, si vous prenez des médicaments qui interfèrent avec cette voie, si vous buvez plus d'alcool que votre dose maximale, si vous êtes carencé en vitamine C ou B6, si pas en sélénium. Pour vraiment parfaire le tableau, vous devrez comprendre ce qu'est la méthylation et quels peuvent être vos défauts personnels. Masterjohn a choisi de se concentrer sur la nutri, mais s'il pouvait élargir le sujet, il évaluerait aussi l'impact d'un manque d'oxygénation, de la pollution environnementale ou de gros stress psychiques, par exemple. Voilà qui est infiniment plus complexe que d'énoncer : « vous êtes malade parce que vous réagissez à l'histamine, éliminez-en toutes les sources », n'est ce pas ?

Commencez par sa vidéo Here's a 7-step protocol to tackle histamine intolerance.

Puis

Masterjohn réalise la prouesse pédagogique de résumer en quelques minutes des notions assez complexes. Vous aurez passé près d'une heure à écouter ces quelques vidéos. Avouez que les « intolérants à l'histamine » en sortiront tout ébaubis!

Un profane en nutri, même féru et très averti, ne peut passer de longues heures à étudier des concepts aussi ardus : un seul sujet donne lieu à une heure de vidéos, qui ne font que survoler et résumer les concepts. C'est déjà assez difficile de faire les courses et de cuisiner, voyons !. On n'a pas tant de temps…

Si vous vous pensez victime de « l'intolérance à l'histamine », il faudrait au moins que votre conseiller, praticien ou coach, connaisse la grande complexité des interactions en nutrition, qu'il ne soit pas un « croyant » dans les intolérances comme source des soucis (elles en sont la conséquence), qu'il puisse prendre le temps de s'informer auprès de sources sûres, comme Masterjohn ou s'il n'est pas attiré par la chimie pure, qu'il préconise les nourritures vraies, seul moyen efficace et durable de donner au corps tous les nutriments dont il a besoin pour grandir en force et en beauté, sans interventionnisme exacerbé (et que je te rajoute du plic de magnésium et du ploc de chlorella et du bazar de glutamine...).
Nouritures vraies qui sont le dénominateur commun dans l'approche alimentaire des référents en Profilage Alimentaire à ma façon. Raison pour laquelle je vous invite si souvent à vous faire aider par l'un d'eux.

Découvrez la liste des référents qui sont repérés sur le site ad hoc http://www.profilagealimentaire.fr/

Je sais que je ne verse qu'une goutte dans l'océan en écrivant ce billet. Notre monde de l'alternutrition veut croire aux intolérances. Dans ce contexte, mon discours peut paraître très marginal. D'ailleurs, mon topo qui se vend le moins s'intitule « Gloutons de gluten », j'y expose les mêmes principes en d'autres termes. Qui parmi les récents « intolérants » veut entendre cette parole de bon sens, alors qu'ils croient avoir trouvé une solution simple à un problème complexe ? Qui parmi les vieux de la vieille, ces intolérants qui viennent de passer des années en évictions successives, veut s'entendre dire qu'il a ainsi scié la branche sur laquelle il était assis, en agravant des carences ?

Annexe: faire l'auto-détective


Pour pouvoir tester, évaluer, juger la justesse d'un plan alimentaire spécifique pour vous, je résume en une infographie le processus permanent par lequel vous trouverez votre voie optimale. Un peu de méthode et beaucoup d'écoute de soi.
Lire le billet.
Ou découvrir sous forme de vidéo commentée.

 


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