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Profilage: un référent, un auditeur ou un coach?

20.6.2019 Pourquoi a-t-on choisi le terme de « référent » ou « auditeur » au sein du réseau, plutôt que le terme de « coach » ? Pressés? Lisez directement le pitch.

 

Comme suite à l’article  récent , je voudrais explorer plus avant le concept du coaching, ce nouveau métier qui est à la mode depuis quelques années. Je passe sur l’analyse de ce qui a fait le lit de ce genre de métier, j’enfoncerais des portes ouvertes. Parlons du concept même de « coach », ou même de « coach de vie ».

Première précision : chacun fait ce qui lui chante dans sa vie : se faire suivre – ou pas – par un coach, devenir coach… Je n’expose ici qu’un point de vue, un éclairage latéral sur le sujet. Et je cible le coaching alimentaire bien sûr, pour rester dans mon territoire de prédilection.

Je cite parfois le terme « coach » dans mes livres et sur le blog, afin que le lecteur trouve un repère connu (le coaching est désormais entré dans les mœurs) et comprenne qu’il ne doit pas nécessairement faire appel à un médecin ni à un diététicien pour une simple réforme alimentaire. Le terme « coach » implique en outre qu’on se situe  dans le développement personnel, domaine où on en trouve tant ; ce qui sous-tend l’idée qu’une réforme alimentaire est un pas dans notre chemin de développement personnel – ce que je reflète dans  tous mes topos. L’utilisation du libellé « coach » me permet de faire passer une idée en un mot.

Certification

Pourtant, nous avons choisi dans le nouveau site du réseau Profilage Alimentaire © (à paraître bientôt !) de privilégier les termes de « référent » ou « auditeur » plutot que coach. Car, hélas ! quantité de coachs sont autoproclamés tels. Ils ne font pas partie d’un réseau certifié par les instances officielles, qualifié, garantissant qu’ils ont une formation solide. Parfois, ils ont suivi un court stage de coaching et s’en sentent pousser des ailes. S’instaurer « coach » leur permet de jouer avec leur petit démon personnel : ils sont souvent des profs dans l’âme. Super, ce nouveau métier nourrit cette part-là d’eux-mêmes.

Petite parenthèse selon mon profilage : ce sont souvent des chênes (diathèse 1 selon l’article ad hoc http://www.taty.be/choisir/K4.html), des natures de meneur, pour qui guider leur prochain semble être une mission. Ils ont un avis sur tout, généralement tranché. Je connais, j’en suis ! Certains de ces « meneurs » ne pratiquent pas le coaching dans l’intention d’apprendre à leurs clients à s’approprier une méthode, à définir leur propre stratégie. Ils les mènent dans une voie déjà tracée. Ils croient aider leurs ouailles alors qu’ils ne font parfois que l’embrouiller dans sa recherche personnelle. J’en ai vu des centaines de personnes sortant des mains des « coachs en nutrition » et pratiquant des modes alimentaires dévoyés par rapport à leur nature ! Ils n’ont pas été coachés à être grandis, ils ont été endoctrinés. En toute bonne foi de la part du coach, en plus ! Qui ne se rend pas compte qu’il n’écoute pas, il n’entend pas, il ne fait que professer une croyance personnelle, sans écouter finement la nature de son coaché.

Se la jouer solo

En nutrition, bien des coachs que j’ai croisés - ou que je découvre via le net depuis que je ne fréquente plus physiquement les cercles de nutrition - ont le défaut de se la jouer solo, de ne pas travailler en équipe interdisciplinaire et surtout de ne pas se référer aux fondamentaux de la nutrition. Ils sont des électrons libres, en quelque sorte.  Autant notre société a besoin de telles personnalités pour avancer, car elles agissent comme des moteurs qui la poussent aux marges, autant il est risqué de confier votre santé et celle de vos proches à de telles personnalités marginales.

La nutrition est un art, c’est mon refrain. Mais il faut au moins connaître le solfège : en l’occurrence, les bases solides de nutrition telles qu’on les enseigne en faculté, ainsi que la vision latérale que nous ont apportée en francophonie le trio essentiel en Naturoland: Catherine Kousmine, André Passebecq et Robert Masson. Se limiter aux bases de la diététique a ses limites, c’est rien de le dire. On finit par penser en algèbre de la nutrition : « autant de calories et vous serez mince, autant de nutriments et vous serez en bonne santé ». Se limiter à ne suivre qu’un des alternutritionnistes comme Robert Masson peut aussi réduire la pensée. Or la pensée en nutrition doit être protéiforme  ET qualifiée, s’il faut pouvoir capter toute la richesse du vivant, si complexe et si diverse lorsqu’elle se manifeste dans les réactions métaboliques profondes  de chacun.

Serait-ce un comble de mettre en garde contre les coachs sans formation qualifiée alors que je n’ai moi-même pas un cursus classique? Voir ma bio. Primo, je n’ai jamais prétendu faire du coaching, encore moins du coaching de vie. Je ne sais déjà pas comment je m’appelle, je ne me vois pas conseiller d’autres personnes. J’ai humblement commencé par donner des cours de cuisine à la Kousmine, collectifs ou privés, en salle ou à domicile. On se marrait bien, c’étaient des cours « rock ‘n roll » selon les participants, qui y apprenaient beaucoup.

Secundo, même lors de ces débuts, j’avais des prérequis que je ne vois plus chez bien des « coachs » d’aujourd’hui.  Je joue avec les contraires : je ne suis plus une gamine mais j’ai gardé un mental marginal d’adolescente qui questionne tout, qui aime frôler les limites du possible, et une âme de libertaire. Toute ado d’âme que je sois, quand j’ai senti en 1994 que ma survie après le cancer dépendait de ce que j’ingérais, j’ai choisi de me construire une base essentielle en diététique. J’ai étudié en un an le contenu d’un cursus de plusieurs annés d’un diététicien : j’ai suivi tous les colloques professionnels à une distance de moins de 500 kilomètres de chez moi, dans toutes les langues possibles ; je me suis inscrite à la Faculté pour pouvoir consulter la bibliothèque universitaire et j’ai étudié en solo les fondamentaux en diététique. Aucun mérite, j’ai toujours été autodidacte.

Ensuite, j’ai potassé à fond la doctrine de la doctoresse Kousmine, j’ai participé à toutes les activités de la Ligue Kousmine et je me suis inscrite à tous les stages et conférences en alternutrition. Sans cibler : j’ai tout exploré, y compris des pistes dont je ris désormais. Mais il faut au moins un cœur ouvert et un esprit curieux pour découvrir un nouveau monde. Je raconterai par ailleurs les énoncés que j’ai pu entendre au cours de certaines conférences, énoncés qui  pourraient trôner au top ten des infox. Trop long pour cet article-ci et un peu hors sujet.

Pendant la même période, j’ai étudié la nutrition par l’autre bout de la lorgnette : j’ai interrogé des milliers de personnes sur leur expérience personnelle dans telle ou telle méthode. Facile ! Déjà en 1995 l’internet nous ouvrait les portes d’un grand café du commerce, grâce aux forums d’échange.

Je souhaiterais que les coachs en nutrition qui n’ont pas de formation en diététique ou en naturopathie fassent les mêmes efforts d’apprentissage ou se limitent à aider les mangeurs à planifier et organiser leur cuisine, ce qui ne demande pas de formation. Et fassent un peu profil bas. Malgré ce cursus intensif et des prérequis en nutrition qui sont hors norme pour une personne non diplomée, je ne me la suis jamais jouée « maître à penser ». J’ai toujours été attentive à citer mes sources, à détailler pourquoi et comment je me permettais de relativiser certains élements parmi les fondamentaux. Je ne me suis jamais posée en « inventeur » d’une méthode et j’ai chanté sur tous les tons : « je communique des outils et non une méthode ».

Je revendique simplement avoir synthétisé sous forme structurée et utile une série de concepts qui, ensemble, constituent un tremplin pour la créativité de chacun : l’assiette ressourçante doublée du profilage alimentaire. Le premier concept est inspirée de la Weston Price Foundation, le second est un mix de plusieurs approches (le profilage métabolique des Américains, la diététique de l’ayurveda, les diathèses selon le docteur Ménétrier, les groupes sanguins selon d’Adamo, les questionnaires organiques de Julia Ross), mix étudié pour éclairer certaines facettes de la biochimie profonde et de l’état organique du mangeur à un temps T.

A l'intention des praticiens ou coachs qui n'auraient pas eu ces mises en garde lors de leur formation, j'ai résumé mes propres observations sur le "coaching bien mené" dans un article "pro: "Quand j'auditais" (4 longues pages).

Le pitch

Au vu de toutes les dérives actuelles, le terme « coach » sera bientôt si dévalorisé que nous avons préféré les termes « référent » et « auditeur » au sein du réseau de Profilage Alimentaire.

J’aurais aimé terminer l’article par un message clair, univoque comme le proposent tant de pages du net : « voici quels coachs suivre en alimentaire ». Ce n’est pas possible. D’abord, le choix d’un coach plutôt qu’un autre est affaire d’affinité. Vous avez décidé de vous faire suivre par un coach. Celui-ci n’est pas diplômé, n’est même pas pointu dans son domaine, mais il vous inspire, il vous convient, son discours est exactement ce qu’il vous fallait entendre ici et maintenant. Affinités fines, quoi. Il révèlera peut-être une part de vous essentielle, celle qui manquait à votre mieux-être. Par un effet sérendipiteux, comme je l’expose dans le billet précédent  . Super pour vous, ce coach a été ou est très utile dans votre chemin de vie.

Ensuite car, hélas ! je ne peux vous faire une piqûre de discernement. On développe cette qualité essentielle, ou pas. On naît rarement avec. On l’entretient comme un muscle. Il faut étudier le cv du gars, ses liens avec une équipe pluridisciplinaire, son efficacité sur le terrain, son historique de vie perso, etc.

Rayon discernement, les réseaux sociaux sont l’équivalent de la télé selon Lelay : « Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible ». Je reformulerai : « parmi les GAFAM, facebook est celui qui œuvre avec le plus de talent à vendre de l’espace de cerveau vidé de tout discernement ». Comment y arrivent-ils ? En survalorisant les émotions au détriment de la réflexion, en coupant les liens des internautes sous le couvert d’un réseau d’amis, en noyant le lecteur de confettis d’infos détachées de tout flux structuré, en détachant chaque idée de son contexte. Résultat : perte de discernement, même chez des gens bien équipés au 5ème étage, j’entends équipés d’un QI supérieur à la moyenne. Et c’est bien sûr sur facebook et les vlogs que ces apprentis coachs font florès.

Un petit truc pour savoir si le coach a une posture qualifiée : lors de votre premier rendez-vous, citez l’un ou l’autre souci de santé que vous voudriez régler par l’alimentaire. Si le coach ne demande pas tout d’abord le diagnostic médical, qui l’a posé, dans quel contexte, les médicaments qui vous sont prescrits et leurs effets secondaires éventuels sur l’alimentaire, passez votre chemin. C’est un coach « touriste », dirons-nous, car ce questionnement est un pas essentiel dans les conseils : l’alliance thérapeutique avec les soignants. J’ai reçu en cours privé il y a 15 ans des personnes qui souffraient de maladies graves et n’avaient pas de médecin traitant ! Que les dieux me gardent de jouer dans la cour des inconscients. Je les ai délicatement évincés...

Si le même coach vous fait croire que vous pourrez guérir grâce à l’alimentaire, passez votre chemin. Vous pourrez aider les traitements, les rendre plus efficaces, soulager les symptômes le temps que l’on trouve le bon traitement ou que vous changiez l’environnement qui vous intoxique, mais vous ne guérirez pas avec une assiette réformée ou un jeûne.

Ce ne sont que deux illustrations des limites en coaching alimentaire, je ne peux les citer toutes. Si l’un de nos référents en profilage alimentaire s’annonce comme « coach » sur son site, c’est un choix lexicologique et non fondamental. Il a suivi la formation complète, il connaît ses limites, ses forces, et il suit la charte de déontologie du réseau. Vous pourrez lui faire confiance.

Tel est l’éclairage partiel – et partial ! – que m’inspire le concept de coaching. J’espère que cela vous aura aidé à trouver votre propre éclairage du sujet.

 


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