Cuisine nature
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R. Je compatis à cent pour cent car j'ai connu vos souffrances depuis ma pré-adolescence et la même kyrielle de spécialistes. Lorsque je cite tous les symptômes dont j'ai souffert, on me regarde parfois d'un oeil attendri: "que c'est émouvant une mythomane"... Il semble peu crédible d'avoir cumulé tant de souffrances... C'est l'alimentation Kousmine qui m'a remise sur pied; Il est vrai que je m'y tiens de façon plus stricte que la moyenne car j'ai l'épée de Damoclès d'une rechute sur la tête (soit du cancer, soit de la maladie auto-immune soit de la fibromyalgie: rendez-vous, vous êtes cerné!). A la différence près que j'ai rajouté plllllein de graisses après avoir observé que je m'affaiblissais après un premier sursaut. Je ne propose que des entretiens culinaires et des bilans alimentaires de niveau "ménager", mais votre problème est plus vaste qu'une simple intolérance alimentaire. Si vous n'avez pas le courage de faire dix jours de "cure" toute seule (voir la cure antifatigue), ne fût ce que pour voir ce que la détoxination peut obtenir en bien être, je vous conseille de prendre rendez-vous chez xx. La toute, toute première chose à faire: trouver vos propres intolérances alimentaires. Les nutrithérapeutes témoignent que pas un seul cas de migraine ne réapparaît dès lors que l'alimentation est recalibrée sans ce ou ces allergènes cachés. Pratiquez des cures d'éviction pour trouver les coupables. On commence souvent par éliminer le blé sous toutes ses formes car c'est un des allergènes cachés principaux, avec les laitages tout venant. Cibler aussi les amines (je vous joins un fichier brouillon). Aussi, dans un premier temps, quasi tous les occidentaux gagnent à réduire considérablement les féculents et les sucres ajoutés selon la liste des unités féculents - selon la planche des unités sucres publiées sur ce site. Pour chercher son allergène caché, je propose de s'inspirer aussi de la liste selon votre groupe sanguin. Ce n'est qu'une piste. Faites régulièrement une recherche sur ce site sur "migraine" avec le bouton chercher. J'y publie les infos au fur et à mesure. Q.
Et les fruits en dehors des repas ( qui est une
aberration pour les allopathes, mais que je prends depuis ma visite chez
un naturopathe) ? De
mon expérience, c'est un acte liturgique et qui, à ce titre,
n'est pas inutile lorsqu'on veut prendre sa santé en charge.
Liturgique car, après
interviews
et observation: 30% des personnes témoignent
ne digérer les fruits qu'en dehors des repas, 30% après un repas et 30%
n'importe quand et 10% sont des exceptions qui ne digèrent même pas les
fruits, sauf cuits ou oxydés à l'air. Faites l'essai sur vous même. Ne
semble par contre pas liturgique la gestion du diabète par un régime
dont on élimine la plupart des hydrates de carbone à amidon
en particulier... Q. Les excellents topinambours de la recette de votre livre... nous ont occasionné des troubles digestifs tempétueux toute la nuit! R. Les personnes aux intestins fragilisés devraient oublier momentanément ces délicieux aliments que sont les salsifis ou scorsonères, les topinambours et les oignons... Ou alors les cuire longtemps, longtemps, longtemps... Dès que vous recouvrez votre intégrité intestinale, c'est reparti pour tous les plaisirs! Q.
Merci pour votre témoignage de vie qui m'a beaucoup
touchée. J'ai acheté un de vos livres de recettes il y a peu de temps,
un peu par hasard...(enfin non, sûrement pas!) parce que je suis en
recherche d'une plus grande qualité de vie et que je souffre de problèmes
chroniques de digestion.
C'est vrai qu'un changement des habitudes alimentaires ne se fait pas en
une semaine, mais j'y travaille, j'expérimente. Je pense que cela demande
aussi des prises de conscience à un niveau affectif. Je suis psychothérapeute
et j'ai cru comprendre que vous aviez fait un travail en analyse. Il me
semble que vous en parlez comme si le travail psy ne tenait pas compte du
corps??! Cela m'a intriguée... R
Non, je n'ai pas fait
d'analyse, et les quelques essais que j'ai faits ont été de courte durée
car je les sentais vains et je me retrouvais dans mes ornières
de pensée
suranalytique. A chacun sa voie. J'ai observé que beaucoup de psys ne
veulent pas intégrer l'approche alimentaire, ni même écouter cette
parole-là (j'ai dû parler erronément du corps, alors). Comme si les
troubles psys ne pouvaient provenir d'une allergie cachée, ce qui fut le
cas chez moi et que l'on peut même démontrer chez certains schizophrènes...
Je suis en recherche d'adresses de psys qui voudraient accompagner le
traitement de leurs patients par un retour à une alimentation ajustée et
surtout par une recherche des allergies cachées... Ils seraient
d'ailleurs overbookés pendant deux ans... Je n'en connais pas ici en
Belgique. Q.
Comment faire lorsqu'on souffre d'hyperphagie (
je ne pense pas que cela aille jusqu'à la boulimie ) R: Est-ce toute la journée ou cela commence-t-il vers 15h-17h? Cette rage de manger (généralement tout ce qui tombe sous la main, mais de préférence du sucre ou du sel) est souvent un signe de souffrance cellulaire profonde et de carences diverses, surtout en minéraux. Cela se rétablit dès lors que les circuits enzymatiques fonctionnent à nouveau et lorsqu'on calme la chimie du cerveau. J'en ai souffert pendant de longues années. C'est incontrôlable. Soit on remet en route avec une cure anti-fatigue suivie d'un plan de croisière, soit on commence par un programme anti-stress simple (avec un coup de pouce avec un programme d'acides aminés comme recommandé par Julia Ross (www.dietcure.com, voir mon article dans Cuisine Nature nr 22). Q.
En remplacement du café puis-je prendre du Caro (
chicoree, Malte et seigle, je crois ) ? R.
Tout vaux mieux que le café pendant la période de transition douce.
Mais il n'est pas nocif pour certaines personnes (en tout cas à moins de
deux tasses par jour). Vous observerez mieux sur vous même après une
période de nettoyage. Après la période de transition, quand les forces
sont revenues, ce sera donc selon tolérance personnelle. Mais : chicorée,
malte etc. sont quand même des produits torréfiés, qui rajoutent une
triste couche de "toxiques" sur le foie. Q. (orale) Mais je mange pourtant très bien, ou très frais, ou très classique! R. A titre d'illustration, je vous livre un extrait de mon cher, de mon tendre San-Antonio, à lire d'un oeil nutritionnel, mais vous pourriez tout aussi bien jeter un coup d'oeil aux menus classiques du restau du coin. "M'man décroche. Je
lui fais part de l'invitation que je viens de lancer et la voilà tout
excitée. Et je termine: "Pour tes soixante ans, tu souhaites un triple pontage ou une belle fin en trente secondes?" Un moment de silence à la mémoire de ce grand bonhomme de Frédéric Dard, qui a rejoint Cioran sur son nuage. Si j'avais pu lui souffler deux trois petits rectificatifs, il aurait mangé comme il aimait et il aurait peut-être encore été là. Sans Cioran et sans Dardounet, que reste-t-il à lire? L'être humain n'est fait pour manger de tels délicieux menus qu'une fois par semaine, et encore! Protéines sur protéines sur protéines, en un mélange de genres (foie + veau + fromage fermenté + oeufs!) qui ne demande que du bicarbonate de soude pour être digéré, avec des graisses cuites à la louche et un fin filet de végétaux à l'horizon... A ceux qui croient s'adonner à la gastronomie traditionnelle, je vais définir dans un livre entier le terme "traditionnel". Ce n'est que tout récemment que nous avons introduit ce type de repas de fête au quotidien. Q As-tu lu le fameux livre The Perricone prescription et son nouveau régime basé sur l'index glycémique. Depuis que je l'ai lu, je ne mange plus que du poisson? R Pardon, je vais faire la prof', c'est dans les gènes. Perricone: son succès doit être dû à un si joli nom de famille, à son aura médicale et à un titre qui ressemble au titre d'un roman policier. Je suis enchantée dès que quiconque incrimine les excès de sucres rapides, c'est une pierre de plus à notre moulin. Mais l'index glycémique: c'est déjà dépassé! C'était le cheval de bataille de nutritionnistes américains il y a vingt ans... et ces belles théories sont contredites par les faits sur le terrain. C'est utilisé encore et toujours par quantité de thérapeutes pour soigner les hypoglycémies... sans autre succès que de contenir la maladie, sans la guérir. Voir les vrais spécialistes du diabète (les diabétiques) qui témoignent qu'index glycémique ou charge glycémique (GI ou GL) sont ineptes. Ils ne contrôlent en rien la glycémie. cft Bernstein le diabétologue new yorkais. Gare aussi au "maximum de poisson", j'ai rencontré au moins un cas d'intoxication au mercure chez un dégoûté de la viande qui mangeait trop souvent du poisson. Le saumon n'a d'intérêt que quand il nage dans les mers profondes et produit par conséquence des graisses riches en acides gras de type oméga 3 (quelle savante je suis, non?!). Presque impossible de trouver du saumon sauvage. Le nom "saumon sauvage" est souvent usurpé, car il s'agit souvent d'élevage de saumon de type sauvage. Va t en comprendre... En élevage, ils nagent en surface, donc pas de belles et bonnes graisses. En diététique chinoise, qui a quand même trois mille ans d'avance sur nous et des résultats sur le terrain, le poisson est dévitalisant pour certains tempéraments. Ce Perricone chéri ne se tient pas au courant: il diabolise le bœuf, mais c'est dans le boeuf qu'on trouve deux nutriments anti-cancer par excellence, soit le CLA et l'acide alpha-lipoique - à condition que le bovin soit élevé aux champs et nourri d'herbe fraîche jusqu'à l'abattage. Effet démontré sur le terrain. ET effet anti-âge démontré en laboratoire... J'adore moucher les prétendus pontes! Comme tu as la chance de connaître la grande mamamouchie de la nutrition de ma rue, tu seras confortée de savoir que ton bon sens a raison. Quels que soient les systèmes prônés, seules quelques règles semblent tenir la route: choisir et cuisiner les aliments dans l'état le plus frais et le plus naturel possible (jus de fruit fraichement pressé et pas en bouteille), éviter les féculents raffinés comme le pain et le riz blanc, réduire les doses de sucres et de féculents même complets sur une même journée (nous sommes des gloutons de gluten pour des occidentaux sédentaires), éviter les acides gras TRANS (dérivant des graisses hydrogénées et cuites, surtout végétales : margarine, frites, préparations industrielles), remplacer les huiles raffinées par des huiles vierges de première pression à froid. C'est le régime appelé "crétois" selon la mode actuelle, mais aussi cela rejoint les habitudes culinaires françaises classiques, qui sont restées vivaces dans le Sud-Ouest (plus grande longévité européenne, avec les crétois). Mais si je fais un livre avec cette seule phrase, nos petits amis en manque d'Eglise et assoiffés de catéchisme vont acheter le voisin qui prône "LA" méthode miracle. Et je voudrais du beurre dans mes épinards (ah, tiens, là aussi de l'acide alpha-lipoique.. miam miam). Quand je le retrouve, je t'envoie mon texte en brouillon sur les sages traditions de nos ancêtres... Tu pourras continuer à concocter les délicieux bœufs bourguignons et quiche lorraine que j'ai dégustés chez toi, mais avec une si bonne conscience ! Tu comprendras pourquoi, en bonne française pur jus, tu es la reine du boeuf bourguignon et des petits plats gastronomiques... avec une taille de gamine à cinquante ans. Q. Vous conseillez de tempérer nos choix alimentaires par l'observation de notre tempérament chinois. Comment le trouver? R. Parmi les quelques livres que je connais sur le sujet (sujet que je connaîtrai mieux après huit ans d'étude ...): Le Tao de l'alimentation, de Nicole Tremblay, aux éditions Quebecor. Elle est acupuncteur et docteur en psychologie + psychanalyste jungienne. Très, très pragmatique. Accessible aux petits poussins de mon acabit. Idem La diététique du tao, de Philippe Sionneau et al (voir son site perso sionneau.com). AJout 2007. Voir aussi mon article dans Cuisine Nature nr 24. Le livre le plus proche de la tradition que j'aie trouvé, mais adressé aux spécialistes: Diététique énergétique et médecine chinoise, des docteurs J.M. Eyssalet et al, éditions Présences. Les tempéraments y sont clairement décrits, le programme alimentaire ad hoc aussi. Sinon, il doit y avoir près de chez vous un tout bon acupuncteur asiatique qui pourra cibler votre tempérament? J'en connais un excellent à Bruxelles. Sinon, continuez à chercher ici régulièrement sur "profil biologique" ou "diététique chinoise" car c'est un des mes dadas... Q
J'ai
lu avec intérêt le livre de Pallardy que vous conseillez en conférence:
"Si cela venait du ventre" , et l'auteur en question déconseille
entr'autres le miel aux personnes souffrant de ballonnements.J'en consomme
beaucoup le jour où je jeune( ce qu'il déconseille aussi d'ailleurs-
mais, moi je m'en trouve bien, je ne suis plus affamée 2 heures après le
repas les autres jours, comme avant) par quoi puis je donc remplacer le
miel -dans la tisane?" R. 1. La fameuse méthode de Pallardy est une synthèse intelligente entre la naturopathie et les techniques asiatiques. Rien de radical, si ce n'est son bon sens. Il vient (2003) de publier "Vaincre fatigues, stress, déprime et protéger son coeur" dont j'ai fait une recension critique et bienveillante dans Cuisine Nature. Je le conseille parce qu'il est très médiatisé, cela conforte les lecteurs face à ma osture de petite profane curieuse. Et surtout parce qu'il pratique avec bon sens ce qu'on attendrait de tout thérapeute, médecin ou ostéo: conseiller au patient de revoir l'alimentation, respirer, masser ces pauvres zones marécageuses AVANT de prendre des petits potiquets. En gros, il préconise ce que l'on attendrait des naturopathes; mais ceux-ci tendent à être très prescripteurs de compléments. Il médiatise ce que Kousmine disait et pratiquait il y a quarante ans: les intestins produisent la moitié des cellules immunitaires et sont en lien avec le cerveau. Je ne comprends pas pourquoi tous les praticiens ne suivent pas au moins quelques uns de ses conseils pour leur patients. 2. Comme beaucoup de naturopathes, il répète certaines incantations, dont l'histoire du miel. Heureusement qu'il n'est pas parfait, il nous refilerait des complexes! Miel. Le miel doit surtout être de source garantie miel. Ce n'est pas un effet de style: la législation autorise en effet une grande part de sucre ajouté dans les miels tout venant; or le sucre est un tout grand fermentant. C'est pourquoi on insiste toujours: du miel bio ou de chez l'apiculteur, en direct. Les sucres du vrai miel sont les seuls (avec les fruits) à ne pas demander d'enzymes intestinaux pour être digérés. Or, chez les personnes à l'intestin défaillant, ces enzymes sont souvent râpés en même temps que la paroi intestinale. Les personnes au goût sucré peuvent au moins se faire un tout petit peu plaisir sans se faire du mal en consommant du miel en hydromel. Comme témoins, je cite à la barre les dizaines de milliers de personnes qui ont soigné une maladie autoimmune dévastatrice de l'intestin comme crohn ou recto colite hémorragique (si je détaillais les effets que j'ai eu, c'est bien pire que "quelques ballonnements") avec la méthode des glucides simples d'Elaine Gottschall où le seul sucre autorisé est le miel. Par sécurité, pour
conforter les gens dans leurs croyances et surtout ne pas couper les ponts
avec leur naturopathe, je n'ai intégré dans la cure anti-fatigue que le
miel en hydromel en dehors des repas car là au moins les naturos
reconnaissent qu'il est anodin. Mais hors cure, si vous avez pu
déterminer qu'il vous convient, c'est dommage de se priver d'un tel atout
thérapeutique sur la foi de rumeurs, non? 3. Comment juger un miel? Très difficile puisque législation hyper souple pour le producteur. Le bon sens quand on n'a pas le temps d'interroger en direct un apiculteur passionné: étudier les affirmations imprimées sur l'étiquette d'un tout bon miel puisqu'il traduit la posture commerciale de l'artisan. Exemple: je lis sur un pot de miel d'acacia bio:
sous-entendant ce que font les autres producteurs au miel... Faites le même test sur une toute bonne huile d'olive (bio parce que les producteurs ont tendance à faire la morale aux autres et à exprimer leur avis partout). 3.
Si ce que vous dites traduit bien son attitude sur le jeûne: il peut chanter ce qu'il veut le petit Pierre, d'autant plus
que comme beaucoup de gourous il n'écoute que lui-même... Formidable
ouverture que ses bouquins, merci le petit gars, mais il pourrait moduler,
par exemple en écoutant ses maîtres chinois (qu'il ne cite pas, évidemment,
sinon ce ne serait pas "ma" méthode à moi tout seul que je
l'ai inventée; je fielle, mais bon, c'est ma nature). Que dit la tradition chinoise?
"Le jeûne est bon pour certains, pas pour d'autres"! Que dit
madame Tatouille: "il n'y a que toi qui sait". Si tu ne fais pas
l'essai, tu ne sauras pas. Si ça te réussit, c'est que c'est bon pour
toi. Fallait-il tant d'études pour en arriver à ce simple bon sens? Un
jeûne d'un jour ne peut faire que du bien. Les désastres déjà
observés l'ont été sur des personnes qui, maladaptées, ont pratiqué
un jeûne de plusieurs jours, si pas semaines. 4.
Ballonnements. Comme me l'a appris mon passage par la méthode des
Glucides Spécifiques, les ballonnements intestinaux sont essentiellement
explicables par l'irritation de la paroi intestinale lors de la
malabsorption d'aliments riches en
J'ai intégré ces notions dans la cure anti-fatigue,
mais il faudrait passer par le Régime des Glucides Spécifiques.
Cette
méthode adaptée en phases
est détaillée dans un de mes
prochains livres.
La
remise sur pied d'un système qui a défailli prend plus que les quinze
jours de la cure. En moyenne c'est six mois. Chez moi, ce fût un an très
strict, mais j'ai ainsi pu juguler une rectocolite dramatique sans aucun
médicament. Chez les plus lents: deux ans. Une seule exception
sur dix mille: huit ans. Q.
La prescription de boire 1,5 litre par jour vient-elle des vendeurs d'eau
en bouteille ou de sources (!) plus sérieuses? R. Je profite de cette question pour y répondre plus en détail, c'est la dixième fois qu'on la pose. J'ai le temps aujourd'hui, profitons-en. Cette prescription provient des vendeurs d'eau minérale, évidemment. Qu'il soit sage de boire est une remarque de bon sens. Qu'il FAILLE boire tous la même dose, même si nous n'avons pas soif? Soyons plus modulés. Si le mangeur consomme des aliments salés, sucrés, additivés, s'il est très médicamenté, il DOIT boire beaucoup d'eau. Si le mangeur est normal et qu'il se nourrit comme nous d'aliments frais, non chimiqués, et d'une quantité appréciable de légumes frais, il n'aura tout simplement pas soif. J'ai
déjà rencontré des personnes qui se vidaient de leurs réserves
minérales en buvant trop d'eau. On peut même fatiguer les reins en
buvant trop d'eau! En tout cas, personne n'a jamais maigri à boire de
l'eau, ne fût-ce que parce que ce n'est pas l'eau qui draine les déchets.
Essayez de faire une vaisselle sans détergent à l'eau froide et claire
... Juste
mesure, donc. Ce qui est difficile à transmettre au public ici et
maintenant car même le corps médical, les kinés, les ostéos chantent
la même petite chanson. Or, à part deux-trois facteurs, TOUT est
individuel en matière de choix alimentaires et culinaires. Alors, les
injonctions de troupeau, hein... Une
récente compilation des études internationales sur les besoins en eau a
chamboulé le landerneau l'année passée (2002). Réalisée par une équipe
universitaire texane, cette compilation démontrait qu'il n'y avait aucune
base scientifique fiable à cette injonction de haute consommation d'eau.
Je dois fouiller dans une pyramide de documents, je le retrouverai bien.
Le magazine BioInfo avait repris l'info. Le
bon sens de Mammy Croûton rejoint la tradition chinoise: buvez si vous en
avez besoin. Les chinois boivent un peu d'eau chaude après les repas,
jamais avant, peu pendant. Oui,
j'ai bien écrit "eau chaude", ce n'est qu'en Occident que nous
sommes assez riches pour le thé. Anecdote: j'ai creusé cette piste par
mon propre historique mais aussi après avoir rencontré une dame qui
s'est guéri de gastrites récidivantes en un an, simplement en ajoutant
un peu d'eau chaude après chaque repas (sur le conseil d'un médecin
chinois lors d'un séjour là-bas). Pour des infos à la source, faites un tour chez Sionneau.com: Philippe Sionneau, prof' d'acupuncture et diététique chinoise, traduit bien l'attitude tao en cette matière. Article "Faut-il boire des litres d'eau?" page http://www.sionneau.com/intro/fra/introe.htm puis "News" puis "la diététique du tao". Certains
tempéraments, en diététique du tao, ne doivent même pas boire d'eau!
Le docteur Moerman (naturopathe, voir la "Moermantherapie" du côté
flamand il y a cinquante ans) n'interdisait-il pas avec succès l'eau à
certains de ses patients? Le
bon sens: si vos urines sont transparentes, vous buvez trop. Elles doivent
rester jaunes. Si vous urinez plus de six fois par jour, vous buvez trop. Autre source: la pratique du chirurgien Georges Pourtalet, voir le paragraphe ad hoc dans mes notes de lecture (le paragraphe "Dégâts des eaux" et ses conseils dans le paragraphe "en pratique"). Il est si sûr de lui qu'il réduit l'eau même aux marathoniens, avec succès semble-t-il. Ajout
2005. Ces notes sont devenues un article complet, paru dans Cuisine
Nature. Plus structuré.
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